Burundi : la flambée du carburant à Bubanza et Mpanda paralyse les transports, l’insécurité en RDC exacerbe la crise
SOS Médias Burundi
Bubanza, 19 décembre 2025- À Bubanza et Mpanda, dans la province de Bujumbura à l’ouest du Burundi, le prix du carburant au détail a fortement augmenté depuis la prise d’Uvira, en RDC, située à quelques kilomètres de Bujumbura, la capitale économique du Burundi où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale. La fermeture des frontières terrestres avec le Congo par les autorités burundaises a aggravé la situation, paralysant l’approvisionnement et entraînant une flambée des prix.
Une bouteille de 1,5 litre d’essence (Ikibuni) se négocie désormais entre 30 000 et 40 000 francs burundais, contre 15 000 à 20 000 francs il y a seulement deux semaines. Les conducteurs de véhicules et motos dénoncent l’augmentation des frais et certains ont annulé des déplacements, jugeant les coûts trop élevés pour eux comme pour leurs clients.
Pénurie aggravée par la crise sécuritaire régionale
La flambée des prix est étroitement liée à l’insécurité à l’Est de la RDC, où le M23, réactivé en 2021 et majoritairement composé de Tutsi congolais, contrôle aujourd’hui plusieurs territoires stratégiques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont Uvira. Les affrontements avec les forces armées congolaises (FARDC), appuyées par les Wazalendo et des soldats burundais, ont interrompu les circuits d’approvisionnement transfrontaliers.

Le carburant, auparavant acheminé depuis Uvira via le commerce transfrontalier toléré mais illégal, devient rare et cher. Sur la route nationale RN9, reliant Bujumbura aux communes de Bubanza et Mpanda dans la province de Bujumbura, les perturbations sont importantes. Le prix du ticket de transport Bujumbura–Bubanza est passé de 8 000 à 15 000 francs burundais, soit presque le double.
Certaines sources indiquent que le carburant encore disponible provient de pays plus éloignés comme la Tanzanie ou le Rwanda, et qu’il est parfois coloré pour être vendu comme carburant congolais, très prisé sur le marché parallèle.
Conséquences pour les populations et appel à l’État
Cette situation impacte directement les transports et le coût de la vie des habitants. Les chauffeurs et usagers lancent un appel urgent au gouvernement pour :
restaurer l’approvisionnement régulier en carburant ;
réguler le marché et lutter contre la spéculation ;
assurer la continuité des services de transport entre Bujumbura et les communes frontalières.
En attendant une stabilisation de la situation sécuritaire à la frontière burundo-congolaise, les populations de Bubanza et Mpanda restent lourdement pénalisées par cette crise économique et énergétique liée à l’insécurité régionale.
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Photo : sur cette route, le carburant de contrebande se vend désormais en bouteilles, transporté en sacs, tandis qu’une moto attend de faire le plein. ©SOS Médias Burundi
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