Bujumbura : quand la crise économique confisque Noël aux familles
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 24 décembre 2025 – À la veille de Noël, la fête peine à trouver sa place dans la mairie de Bujumbura, capitale économique du Burundi. Entre la flambée des prix, la pénurie chronique de carburant et les retards de paiement des salaires, de nombreux ménages abordent les célébrations de fin d’année dans un climat marqué par l’incertitude et la résignation.
Dans le centre-ville de Bujumbura, la circulation reste dense et les passants sont nombreux. Mais derrière cette apparente animation, les signes habituels des préparatifs de Noël se font rares. Les étals ne désemplissent plus comme auparavant et les achats liés aux fêtes se limitent à l’essentiel. Pour beaucoup, se rendre en ville relève davantage de la curiosité que d’une réelle intention de célébrer.
La situation est aggravée par les difficultés de transport. La pénurie de carburant, qui dure depuis près de cinq ans dans la petite nation de l’Afrique de l’Est, complique les déplacements, tant pour les courses que pour l’accès aux paroisses à l’occasion de la messe du 25 décembre et du réveillon de Noël. « Même aller à l’église devient un luxe », confie un habitant rencontré à la mairie.
À ces contraintes s’ajoute la hausse continue des prix des denrées alimentaires, dénoncée par de nombreux citadins. « À l’approche des fêtes, certains commerçants augmentent encore les prix », déplore une passante. Une inflation qui rogne davantage le pouvoir d’achat des ménages déjà fragilisés.
La situation financière des familles est rendue encore plus précaire par le retard dans le paiement des salaires. Plusieurs fonctionnaires qui se sont confiés à SOS Médias Burundi indiquent avoir été informés que leur salaire du mois de décembre ne sera versé que le 8 janvier 2026. Un décalage qui prive de nombreux foyers de ressources au moment même où les dépenses liées aux fêtes sont les plus pressantes.

Malgré ce contexte, certaines familles tentent de préserver les traditions, notamment à l’occasion des baptêmes d’enfants souvent célébrés le jour de Noël. Mais ces célébrations se font dans la plus grande sobriété. « Nous faisons attention à chaque dépense. Les fêtes ne sont plus comme avant », confient plusieurs parents.
À Bujumbura, Noël se vit ainsi sous le poids d’une crise économique persistante, où les préoccupations quotidiennes ont pris le pas sur la joie des célébrations. Pour de nombreux habitants, cette fête, autrefois symbole de partage et d’espoir, devient le reflet des difficultés sociales auxquelles les autorités peinent à apporter des réponses durables.
__________________________________________
Photo : un marché dans le nord de Bujumbura, où les résidents peinent à se procurer des denrées alimentaires en cette période de fêtes. ©SOS Médias Burundi
You might also like
Muyinga-Kirundo : trois semaines sans une goutte d’essence
Des responsables des stations-service des provinces Kirundo (nord du Burundi) et Muyinga (nord-est) affirment qu’ils viennent de passer trois semaines sans la moindre goutte d’essence. Les stocks de l’État à
Burundi : manque de nouveaux billets de 5000 et 10000 qui remplacent les anciens dans certaines banques et microfinances
Depuis le matin de ce vendredi, des clients des banques et microfinances ont répondu à l’appel du gouverneur de la Banque de la République du Burundi (BRB). Il a donné
Rumonge : la pénurie d’essence perturbe les activités de pêche et de transport
Le prix du ticket de transport a doublement augmenté dans la ville de Rumonge, pour ceux qui se déplacent à moto et à tricycle communément appelé Bajaj. Les pêcheurs disent
