Kakuma : le HCR mise sur l’autonomie pour réduire la dépendance des réfugiés
SOS Médias Burundi
Kakuma, 2 février 2026 – Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a lancé un programme visant à autonomiser financièrement les réfugiés du camp de Kakuma et de son extension Kalobeyei situés dans le nord-ouest du Kenya, afin de réduire leur dépendance à l’aide humanitaire. L’initiative cible principalement les réfugiés ayant de petits projets de développement, à qui une somme de 30 000 shillings kenyans (environ 232 USD) est allouée pour démarrer ou étendre leurs activités commerciales.
Le HCR classe actuellement les réfugiés en quatre catégories sociales, selon leurs revenus et leur mode de vie. Les deux premières catégories sont considérées comme vulnérables et continuent de bénéficier d’une assistance ciblée, tandis que les deux dernières catégories ne reçoivent plus aucune aide en raison de leur autonomie supposée.
Le programme d’autonomisation financière se concentre sur la deuxième catégorie. Les bénéficiaires sont sélectionnés sur la base de leurs petits commerces ou projets en attente de financement. Trois réfugiés qui se connaissent sont regroupés et validés par le chef de bloc (Bloc Leader). Ils reçoivent ensuite une formation en gestion de business, adaptée soit au démarrage, soit au développement de leur commerce existant.
« Ce que nous apprécions le plus, c’est que l’argent qui nous est accordé n’est pas remboursable », confie un réfugié burundais déjà bénéficiaire.
Un suivi régulier est assuré par une ONG partenaire du HCR. Après environ quatre mois, les bénéficiaires sont censés devenir autonomes, capables de gérer leur activité de manière indépendante.
Malgré l’enthousiasme de certains, d’autres réfugiés restent sceptiques, craignant que la réussite de leur commerce ne les fasse sortir de la deuxième catégorie pour être reclassés dans les groupes moins vulnérables, qui ne bénéficient d’aucune assistance. Le HCR rassure toutefois que ce financement n’a aucune incidence sur la catégorisation sociale des réfugiés, tout en rappelant que son objectif principal est de favoriser l’autonomie financière, afin de réduire la dépendance aux aides humanitaires, souvent limitées par la conjoncture économique mondiale.
Une situation délicate
Le camp de Kakuma et son extension à Kalobeyei accueillent actuellement plus de 250 000 réfugiés, dont environ 25 000 Burundais. La diminution de l’aide humanitaire, combinée à un manque d’opportunités économiques, alimente un sentiment d’injustice et de frustration, qui menace la stabilité de ce vaste camp, situé dans une région déjà fragile.
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