Lubero : une attaque des ADF fait au moins 15 morts, la société civile déplore le manque d’intervention des forces armées
SOS Médias Burundi
Goma, 9 février 2026 – Un nouveau raid attribué aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) a frappé le secteur des Bapere, en territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. Selon des sources locales, au moins quinze civils ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi dans le village de Mambimbi-Isigo.
D’après des habitants contactés sur place, l’attaque a débuté vers 22 heures. Des familles encore occupées à leurs activités du soir ont été surprises par l’arrivée des assaillants. Plusieurs personnes ont été abattues et des habitations incendiées, provoquant une panique généralisée.
Des rescapés évoquent une fuite précipitée dans l’obscurité, sans possibilité de vérifier immédiatement le sort de leurs proches ni l’ampleur exacte du massacre.
Critiques contre les FARDC
La société civile locale accuse les forces de défense et de sécurité d’avoir réagi tardivement, malgré la présence de positions militaires et de groupes d’autodéfense dans la zone. Ses responsables affirment que des alertes sur des mouvements suspects avaient été émises avant l’attaque, sans qu’une réponse préventive suffisante ne soit apportée.
Pour eux, ce drame met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité persistante des populations civiles face aux incursions des groupes armés.
Déplacements massifs
Après le raid, de nombreux habitants ont quitté leurs villages pour rejoindre des agglomérations considérées comme plus sûres. Ces nouveaux déplacements viennent aggraver une situation humanitaire déjà fragile dans le territoire de Lubero.
Une menace durable
Les violences attribuées aux ADF restent récurrentes dans plusieurs zones du Nord-Kivu et de l’Ituri. Fin janvier dernier, 25 civils avaient été tués sur le territoire d’Irumu, en province de l’Ituri, lors d’une attaque également imputée à ce groupe armé. Malgré les opérations militaires en cours, les ADF continuent d’être pointés du doigt pour des massacres de civils, des enlèvements et la destruction d’infrastructures.
Les organisations de la société civile appellent les autorités à renforcer la protection des habitants et à mettre en place des interventions rapides pour prévenir d’autres tragédies.
Les ADF, un mouvement armé d’origine ougandaise ayant prêté allégeance à l’organisation État islamique, figurent sur la liste des organisations terroristes établie par les États-Unis.
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Photo : des civils fuient à moto des localités d’Irumu lors d’attaques précédentes des ADF, dans un contexte où 25 personnes ont été tuées lors de nouvelles violences. ©SOS Médias Burundi
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