Rumonge : des familles expulsées de leurs terres, l’ombre d’une expropriation forcée plane sur Burambi et Rusabagi

Rumonge : des familles expulsées de leurs terres, l’ombre d’une expropriation forcée plane sur Burambi et Rusabagi

SOS Médias Burundi

Rumonge, 13 avril 2026 — Une vive tension foncière secoue la commune de Rumonge, en province de Burunga au sud de la petite nation de l’Afrique de l’Est, où plusieurs familles dénoncent une expropriation qu’elles jugent arbitraire. Au total, vingt-et-une familles affirment avoir été dépossédées de leurs terres, désormais revendiquées par les autorités communales.

Les familles concernées sont issues des collines Gahinda et Busaga, en zone Burambi, ainsi que de Muyange, en zone Rusabagi. Selon des témoignages recueillis sur place, une commission communale s’est introduite dans leurs propriétés, procédant au bornage des parcelles avant de déclarer qu’elles appartiennent désormais à l’État.

Dans la foulée, les habitants exploitant ces terres ont reçu l’ordre formel de ne plus y accéder, ni pour cultiver ni pour récolter.

Parmi les familles affectées, onze sont originaires de Gahinda, neuf de Busaga et une de Muyange. Toutes dénoncent une décision unilatérale, prise sans consultation préalable ni compensation.

Le cas de la famille de feu André Ndakoze, un ancien chef-Muganwa, issu des Baganwa (ou Ganwa), l’ancienne aristocratie princière du Burundi, descendante des familles royales qui ont régné sur le royaume de l’Urundi aux côtés du Mwami, suscite une attention particulière. Traditionnellement considérés comme une entité distincte des Hutu, Tutsi et Twa, les Baganwa ont perdu leur statut privilégié et ont été marginalisés après l’abolition de la monarchie en 1966.

Cette succession affirme avoir perdu une propriété de sept hectares. Dans une correspondance adressée à la commune de Rumonge, elle dénonce une expropriation arbitraire et rappelle que le droit de propriété est garanti par la Constitution burundaise ainsi que par plusieurs conventions internationales ratifiées par le Burundi.

Selon cette famille, les terres concernées auraient été acquises légalement par leur ancêtre, ancien chef dans les régions de Mugamba, Bururi et Imbo à l’époque monarchique.

La succession Ndakoze évoque également une possible discrimination à caractère ethnique et exige sa réhabilitation ainsi que la restitution de ses biens.

D’autres familles concernées soutiennent ces revendications et appellent à l’intervention de la justice.

Sur le terrain, les parcelles litigieuses seraient actuellement gardées par des membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti présidentiel. Les Imbonerakure sont régulièrement cités dans des allégations d’abus visant des opposants politiques ainsi que des populations civiles dans plusieurs localités du pays, empêchant tout accès aux anciens exploitants.

Pour l’heure, les autorités communales n’ont pas officiellement réagi.

L’administrateur communal, Augustin Minani, avait annoncé son intention de se rendre sur place pour s’enquérir de la situation, mais selon plusieurs sources locales, cette visite n’aurait pas encore eu lieu.

Face à cette situation, les familles concernées réclament des explications claires, le respect de leurs droits et une résolution rapide de ce conflit foncier qui menace directement leur subsistance.

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Photo : le chef-lieu de Rumonge, dans la province de Burunga au sud-ouest du Burundi, une commune secouée par une nouvelle tension foncière impliquant vingt-et-une familles qui dénoncent une expropriation qu’elles jugent forcée. ©SOS Médias Burundi

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