Burundi : Faustin Ndikumana crie au complot après la découverte d’armes dans son établissement

Burundi : Faustin Ndikumana crie au complot après la découverte d’armes dans son établissement

SOS Médias Burundi

Ngozi, 5 juin 2026 – La découverte d’armes et d’effets militaires dans un établissement appartenant au défenseur des droits humains Faustin Ndikumana continue de susciter de vives réactions au Burundi. Plus de deux semaines après les faits, six employés restent détenus et le commerce demeure fermé par les autorités. L’activiste dénonce un « coup monté » visant à l’impliquer et à réduire au silence l’une des dernières voix critiques encore actives dans le pays. Il réclame la libération immédiate de ses salariés ainsi qu’une enquête indépendante sur les circonstances de cette affaire.

S’exprimant vendredi lors d’un point de presse tenu au siège de l’ONG locale PARCEM (Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités), à Bujumbura, capitale économique du Burundi, Faustin Ndikumana revient sur les événements survenus le 17 mai dernier dans son établissement dénommé Snack-Bar Butanyerera, situé dans la ville et commune de Ngozi, en province de Butanyerera, dans le nord du pays, où des armes et des effets militaires ont été découverts.

Selon lui, un individu a introduit dans les locaux une Kalachnikov ainsi qu’un sac contenant des tenues militaires, une grenade et des munitions, avant de les y abandonner dans le but de provoquer une intervention des forces de l’ordre et de le compromettre.

« Je n’ai jamais détenu et je ne détiendrai jamais d’armes à feu. Mon combat repose sur les idées, l’argumentation et la promotion de la bonne gouvernance », déclare Faustin Ndikumana.

L’activiste estime que cette affaire porte gravement atteinte à son image ainsi qu’à celle de son organisation. Il affirme rester déterminé à poursuivre son engagement malgré ce qu’il qualifie de tentatives d’intimidation.

À la suite de la découverte de ces armes, six employés de l’établissement sont arrêtés puis placés en détention. Le Snack-Bar Butanyerera est fermé par les autorités.

Faustin Ndikumana dit ne pas comprendre pourquoi les employés ayant alerté la police se retrouvent en prison. Il qualifie leur détention d’injustice et appelle à leur libération sans délai.

Il exhorte les autorités, notamment le président de la République et les instances judiciaires, à faire toute la lumière sur cette affaire et à permettre la réouverture de son établissement, qu’il présente comme une source d’emplois pour plusieurs jeunes.

Figure bien connue de la société civile burundaise, Faustin Ndikumana est l’un des rares acteurs encore actifs à l’intérieur du pays, reconnu pour ses prises de position critiques sur la gouvernance, la transparence et la gestion des affaires publiques.

Il a quitté le Burundi après la tentative de coup d’État de 2015, avant de revenir quelques mois plus tard pour reprendre ses activités. Ses anciens compagnons de lutte, eux, sont pour la plupart restés en exil et font toujours l’objet de poursuites judiciaires liées aux événements de 2015, que les autorités qualifient de tentative de « soulèvement armé ».

Au fil des années, ses prises de position lui ont valu de vives critiques de la part de responsables politiques. Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, l’a notamment cité parmi les voix qu’il accuse de ternir l’image du pays.
La commune de Ngozi, où les six employés ont été interpellés, est également la commune natale de l’activiste.

Aucune réaction officielle des autorités administratives, policières ou judiciaires n’était encore disponible au moment de la publication de cet article.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte où les organisations de la société civile et plusieurs observateurs continuent de s’inquiéter de l’espace civique au Burundi. Les autorités, de leur côté, affirment agir dans le strict respect de la loi et des impératifs de sécurité nationale.

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Photo : Faustin Ndikumana, directeur national de l’organisation PARCEM, dénonce ce qu’il qualifie de complot visant à le discréditer et à réduire au silence ses actions en faveur de la bonne gouvernance. © SOS Médias Burundi

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