Construction au Burundi : un expert alerte sur les risques d’effondrement liés au non-respect des normes
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 13 juin 2026 – Le non-respect des normes de construction des bâtiments, en particulier ceux à plusieurs étages, pourrait exposer le Burundi à des catastrophes évitables. C’est l’avertissement lancé par l’expert burundais en construction des bâtiments, Libère Nitunga, lors d’une conférence de presse tenue mardi 10 juin à Bujumbura, la capitale économique du Burundi où sont concentrées les agences des Nations unies et l’administration centrale. Il a dénoncé l’absence de contrôle systématique de la résistance des matériaux utilisés sur de nombreux chantiers.
Contrairement à certaines idées reçues, Libère Nitunga estime que les caractéristiques des sols au Burundi ne constituent pas le principal obstacle à la construction. Selon lui, le pays dispose généralement de sols constructibles.
Il précise que lorsque les études géotechniques sont correctement réalisées et interprétées conformément aux normes techniques, les risques liés au terrain restent limités et maîtrisables.
La résistance du béton, principale faiblesse des constructions
Pour cet expert, le véritable problème réside dans le non-respect des normes techniques liées aux matériaux de construction, notamment le béton.
Il rappelle qu’au niveau international, la résistance minimale du béton utilisée pour les bâtiments est fixée à 25 mégapascals (MPa) de résistance à la compression.
Cependant, il regrette qu’au Burundi, cette exigence soit rarement contrôlée sur les chantiers.
« Le grand problème est que l’on ne vérifie pas si cette résistance est effectivement atteinte », a-t-il déclaré.
Selon lui, dans plusieurs projets publics et privés, y compris au sein de certaines institutions, les essais de résistance du béton ne sont presque jamais réalisés, alors même que des équipements permettent de mesurer la solidité des structures déjà construites.
Un cas concret jugé préoccupant
Pour illustrer son propos, Libère Nitunga évoque le cas d’un propriétaire qui lui avait demandé de vérifier la résistance du béton sur un chantier.
Les tests effectués ont révélé des valeurs de 17, 15 et 18 MPa, largement inférieures au seuil minimal recommandé de 25 MPa.
Selon l’expert, une telle situation expose les bâtiments concernés à un risque élevé de défaillance structurelle, pouvant aller jusqu’à l’effondrement.
Des risques accrus avec le développement des immeubles à étages
Libère Nitunga estime que le Burundi reste encore relativement épargné, car la majorité des constructions demeurent des habitations simples.
Cependant, il met en garde contre l’essor progressif des bâtiments à plusieurs étages, sans renforcement du contrôle technique et réglementaire.
Il souligne également que le Burundi se situe dans une zone sismique, ce qui exige davantage de rigueur dans la conception, le dimensionnement et le contrôle des ouvrages.
Pour l’expert, le respect strict des normes de construction et la généralisation des contrôles techniques constituent des mesures indispensables pour prévenir d’éventuelles catastrophes humaines et matérielles.
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Photo : Des femmes à l’œuvre sur un chantier autrefois réservé aux hommes, dans la ville de Kayanza, au nord du Burundi. Un expert en construction met en garde contre le non-respect des normes techniques sur de nombreux chantiers du pays et alerte sur les risques d’effondrement des bâtiments, notamment ceux à plusieurs étages. © SOS Médias Burundi
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