Cishemere : la faim pousse des demandeurs d’asile congolais à la mendicité

Cishemere : la faim pousse des demandeurs d’asile congolais à la mendicité

SOS Médias Burundi

Cibitoke, 27 juillet 2026 — La situation humanitaire des demandeurs d’asile et des réfugiés congolais hébergés au centre de transit de Cishemere, situé dans la région frontalière de Cibitoke, au nord-ouest du Burundi, se dégrade davantage chaque jour. Confrontés à une grave crise alimentaire, à des conditions de vie précaires et à une longue attente dans le traitement de leurs dossiers, plusieurs d’entre eux sont désormais contraints de mendier pour survivre.

Selon des témoignages recueillis auprès des occupants du centre, des femmes, des jeunes filles, des personnes vivant avec un handicap ainsi que des enfants quittent quotidiennement Cishemere pour parcourir les quartiers de Cibitoke, Rugombo, Gasenyi et d’autres localités environnantes.

Ils font du porte-à-porte à la recherche d’un peu de farine de manioc, de maïs, d’argent ou de toute autre aide susceptible de leur permettre de nourrir leurs familles.

Des conditions de vie de plus en plus difficiles

Cette situation est la conséquence des conditions de vie extrêmement difficiles que traversent les occupants du centre de transit. En plus du manque de nourriture, plusieurs familles vivent dans des abris de fortune qui offrent peu de protection contre les intempéries.

Certaines personnes passent même la nuit à la belle étoile faute d’un hébergement suffisant. L’accès aux soins de santé reste également limité, exposant davantage les personnes vulnérables à diverses maladies.

Le centre de transit de Cishemere accueille actuellement plus de 4 000 personnes, composées de demandeurs d’asile ainsi que de réfugiés dont certains dossiers ont été réexaminés ou concernés par des mesures administratives liées à leur statut.

Parmi eux figurent également des réfugiés qui avaient auparavant été enregistrés dans le camp de Lusenda, en République démocratique du Congo, avant leur arrivée au Burundi.

« Nos enfants pleurent de faim »

Pour de nombreuses familles, la faim est devenue le principal défi du quotidien. Les distributions alimentaires sont jugées insuffisantes et, selon plusieurs réfugiés, elles accusent parfois des retards importants.

« Nous souffrons énormément. La nourriture que nous recevons est très insuffisante et arrive parfois avec beaucoup de retard. Les familles nombreuses sont les plus touchées. Nos enfants pleurent de faim et nous sommes obligés d’aller demander de l’aide auprès des habitants pour survivre. Nous demandons à l’ONPRA d’accélérer le traitement de nos dossiers afin que nous puissions obtenir rapidement le statut de réfugié et retrouver une vie digne », explique un demandeur d’asile sous couvert d’anonymat.

Appel à l’aide humanitaire

Face à cette crise, les réfugiés lancent un appel à l’Office national de protection des réfugiés et apatrides (ONPRA), aux autorités burundaises, au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ainsi qu’aux organisations humanitaires.

Ils demandent un renforcement de l’assistance alimentaire, une amélioration des conditions d’hébergement et un meilleur accès aux soins de santé.

Les demandeurs d’asile sollicitent également une accélération de l’examen de leurs dossiers afin de mettre fin à une attente qui, selon eux, aggrave chaque jour leur vulnérabilité.

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Photo : Des réfugiés au milieu de maisons de fortune construites en bâches dans le site de transit de Cishemere, où des demandeurs d’asile congolais dénoncent des conditions de vie précaires et une grave crise alimentaire. © SOS Médias Burundi

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