Meheba (Zambie) : 90 % des travailleurs « non essentiels » suspendus, les services humanitaires sous pression
SOS Médias Burundi
Meheba, 23 mars 2026— La suspension des contrats de plusieurs travailleurs humanitaires dans le camp de réfugiés de Meheba, en Zambie, suscite de vives inquiétudes. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) évoque des contraintes budgétaires pour l’année 2026, une décision qui impacte directement la qualité des services offerts aux réfugiés.
Des contrats suspendus faute de budget
La mesure concerne environ 90 % du personnel qualifié de « non essentiel » par le HCR. Sont notamment touchés les veilleurs, les interprètes, y compris dans les structures sanitaires, les sensibilisateurs communautaires spécialisés dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), les volontaires médicaux ainsi que certains chauffeurs.
Les concernés ont reçu des lettres de suspension temporaire motivées par un manque de financement.
« Nous n’avons pas encore reçu le budget demandé pour 2026 alors que le premier trimestre touche à sa fin. Nous n’avons plus les moyens d’assurer la masse salariale de tout ce personnel, raison pour laquelle ils doivent arrêter le travail jusqu’à nouvel ordre », explique un agent du HCR ayant notifié la décision.
Selon plusieurs témoignages, la situation n’était déjà plus stable depuis plusieurs semaines. « Depuis janvier, nous n’avons pas encore été payés », confient certains travailleurs, qui disent avoir vu venir cette suspension.
« Nous étions déjà comme renvoyés, car ne pas être payé signifie qu’on est oublié. Mais nous demandons au moins nos salaires, sinon nous comprenons qu’ils n’auront plus besoin de nous », témoigne un veilleur burundais.
Les travailleurs précisent que la mesure concerne aussi bien des réfugiés que des ressortissants zambiens, sans discrimination apparente selon eux.
Les réfugiés, principaux impactés
Au-delà des travailleurs suspendus, ce sont surtout les réfugiés du camp de Meheba qui subissent les conséquences directes de cette réduction de personnel.
Dans les structures de santé, les files d’attente s’allongent. L’absence de chauffeurs complique les transferts des cas urgents. Les activités de sensibilisation, notamment sur les violences basées sur le genre, sont également fortement réduites.
« Même si certains travaillaient avec peu de moyens, leur présence était essentielle. Aujourd’hui, nous constatons de longues files dans les dispensaires et des difficultés pour évacuer les urgences. Nous craignons aussi une augmentation des cas de VBG », alertent des réfugiés, appelant le HCR à renouveler les contrats dans l’intérêt des bénéficiaires.
Des travailleurs prêts à continuer bénévolement
Certains travailleurs suspendus disent être prêts à continuer leurs activités sous forme de volontariat, par souci de continuité des services et de protection des réfugiés. Toutefois, cette option ne serait pas acceptée par le HCR, qui redouterait des implications juridiques et des contentieux en cas de recours.
Un camp en expansion et sous pression
Cette situation intervient dans un contexte d’augmentation rapide de la population du camp de Meheba. Le site accueille actuellement plus de 27 000 réfugiés, dont environ 3 000 Burundais, ainsi que des réfugiés congolais et d’autres nationalités, notamment des nouveaux arrivants en provenance de Tanzanie.
Face à cet afflux, les responsables locaux craignent un surpeuplement inédit, susceptible d’aggraver des conditions de vie déjà jugées difficiles. La réduction des services humanitaires pourrait accentuer la vulnérabilité des populations et compromettre l’accès aux soins, à la protection et à l’assistance de base.
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Photo : des réfugiés en attente d’être servis par Brave Heart , une organisation non gouvernementale au camp de réfugiés de Meheba en Zambie ©SOS Médias Burundi
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