Burundi : un chantier géant pour la justice, mais les revendications des magistrats restent sans réponse
SOS Médias Burundi
Gitega, 4 août 2026 – Le gouvernement burundais veut engager une profonde transformation de son système judiciaire. Plus de 60,5 milliards de francs burundais seront investis dans la construction de tribunaux de résidence, de tribunaux de grande instance et des parquets qui leur seront rattachés dans les cinq provinces et les 42 communes du pays. Si les autorités présentent ce programme comme une étape majeure pour rapprocher la justice des citoyens, plusieurs observateurs estiment que les nouvelles infrastructures ne suffiront pas à résoudre les difficultés qui minent le secteur.
Le projet a été présenté le 28 juillet 2026 par la secrétaire permanente au ministère de la Justice, du Genre et des Droits de la personne humaine, Rosalie Ahishakiye, lors d’un atelier organisé à Gitega, la capitale politique du Burundi, à l’intention des responsables des juridictions et des parquets venus de tout le pays.
Un investissement de plus de 60 milliards de FBu
Selon Mme Ahishakiye, le gouvernement prévoit d’investir 60 598 973 462 francs burundais dans la première phase de ce vaste programme de modernisation des infrastructures judiciaires.
Cette phase prévoit la construction de 158 tribunaux de résidence, de 24 tribunaux de grande instance ainsi que des parquets qui leur seront rattachés. L’objectif affiché est de rapprocher davantage la justice des citoyens, de réduire les longues distances parcourues par les justiciables et d’offrir aux magistrats des conditions de travail plus adaptées.
La responsable a invité tous les intervenants à veiller au respect des normes techniques afin de garantir la qualité des ouvrages et leur conformité avec les ambitions du gouvernement en matière de développement.

Des magistrats burundais lors d’une cérémonie officielle. Le gouvernement annonce un vaste programme de construction d’infrastructures judiciaires pour rapprocher la justice des citoyens. © SOS Médias Burundi
Une justice de proximité
Les participants à l’atelier ont souligné que plusieurs juridictions continuent de fonctionner dans des bâtiments exigus, vétustes ou inadaptés.
Pour eux, la construction de nouvelles infrastructures permettra d’améliorer l’accueil des justiciables, de renforcer les capacités des juridictions et de rendre le service public de la justice plus accessible, notamment dans les communes éloignées.
Ils estiment également que des locaux modernes contribueront à améliorer les conditions de travail des magistrats et des autres personnels judiciaires.
Les infrastructures ne règlent pas tout
Malgré l’ampleur du projet, plusieurs défis persistent.
Depuis plusieurs années, les magistrats et les procureurs réclament une revalorisation de leurs salaires, une amélioration de leurs conditions de travail et davantage de moyens pour accomplir leurs missions. Ces revendications concernent aussi bien les tribunaux de résidence que les tribunaux de grande instance et les parquets.
Jusqu’à présent, aucune annonce officielle n’a été faite par les autorités concernant ces demandes.
Pour plusieurs observateurs, la modernisation de la justice ne peut se limiter à la construction de bâtiments. Elle passe également par un renforcement des ressources humaines, une formation continue des magistrats, une dotation suffisante en équipements, la numérisation progressive des services judiciaires ainsi que le renforcement de l’indépendance de la justice.
Un pari pour renforcer l’État de droit
Le lancement de ce programme constitue l’un des plus importants investissements publics consacrés aux infrastructures judiciaires au Burundi ces dernières années.
Sa réussite dépendra non seulement du respect des délais et des normes de construction, mais aussi de la capacité des pouvoirs publics à répondre aux autres défis auxquels fait face le secteur judiciaire.
Au-delà des bâtiments, les attentes portent sur une justice plus rapide, impartiale et accessible à tous, condition essentielle pour renforcer la confiance des citoyens dans les institutions et consolider l’État de droit.J’ai conservé votre angle : mettre en avant l’ambition du chantier tout en rappelant que les infrastructures seules ne suffisent pas à transformer la justice.
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Photo : Une femme portant un enfant au dos passe devant la cour d’appel de Gitega. Les autorités burundaises annoncent des investissements pour moderniser les infrastructures judiciaires et rapprocher la justice des citoyens. © Jean Pierre Aimé Harerimana.
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