Théiculture au Burundi : 1 300 hectares abandonnés ou détruits, la production chute de 30 %

Théiculture au Burundi : 1 300 hectares abandonnés ou détruits, la production chute de 30 %

SOS Médias Burundi

Kayanza, 7 septembre 2026— La production de thé au Burundi a diminué de 30 % au cours des dix dernières années, notamment en raison de la démotivation des producteurs, du manque d’engrais et de main-d’œuvre. Plus de 1 000 hectares de plantations ont été abandonnés et plus de 300 autres arrachés ou détruits. Pour inverser la tendance, l’Office du thé du Burundi (OTB) envisage de revoir à la hausse le prix d’achat des feuilles vertes et de renforcer l’approvisionnement en fertilisants.

La production théicole burundaise connaît une baisse préoccupante. Selon Yves Mukundwa, directeur général de l’Office du thé du Burundi (OTB), elle a chuté de 30 % au cours des dix dernières années.

Il l’a indiqué jeudi 3 septembre 2026 lors d’une réunion organisée dans les enceintes de l’usine de thé de Rwegura, en commune de Kayanza, dans la province de Butanyerera, dans le nord du Burundi, à l’intention des responsables administratifs locaux.

Le prix des feuilles vertes au cœur des préoccupations

Pour le directeur général de l’OTB, plusieurs facteurs expliquent cette baisse. Il cite notamment la démotivation des théiculteurs, qui contestent depuis plusieurs années le prix d’achat d’un kilo de feuilles vertes, fixé à 500 Fbu.

Les producteurs jugent ce prix insuffisant au regard de l’augmentation du coût de la vie et des prix des autres denrées. Ils réclament donc une revalorisation afin de pouvoir mieux vivre de leur activité.

Cette situation a déjà conduit à l’abandon de plus de 1 000 hectares de plantations théicoles, qui ne sont plus entretenues ni exploitées. Plus de 300 autres hectares ont été arrachés ou détruits, a précisé Yves Mukundwa.

Le manque d’engrais et de main-d’œuvre pèse sur la production

Le manque de fertilisants constitue également un facteur de démotivation des producteurs. Le directeur général de l’OTB a évoqué les difficultés d’approvisionnement en engrais, notamment dans le contexte de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales et affecté le marché des fertilisants. La Russie figure parmi les principaux fournisseurs mondiaux d’engrais.

Il a également expliqué que l’OTB avait rencontré des difficultés d’approvisionnement après l’introduction d’une nouvelle méthode de commandes groupées, les entreprises publiques étant désormais amenées à effectuer leurs achats en commun. Cette procédure aurait entraîné des retards dans la disponibilité des engrais.

À ces difficultés s’ajoute le manque de main-d’œuvre, particulièrement dans les plantations théicoles exploitées en blocs industriels. Ces grandes exploitations nécessitent en effet un nombre important de travailleurs pour assurer la cueillette et l’entretien des plantations.

L’OTB envisage une hausse du prix d’achat

Pour tenter de relancer la production, l’OTB a déjà effectué des calculs en vue de proposer au ministère de tutelle une augmentation du prix d’achat d’un kilo de feuilles vertes.

Selon Yves Mukundwa, une telle mesure permettrait de remotiver les producteurs et de les inciter à accroître leur production.

L’Office veut acheter directement les engrais

Sur la question de la fertilisation, l’OTB a commencé à acheter directement des engrais chimiques auprès des producteurs, afin de réduire les difficultés d’approvisionnement.

Yves Mukundwa espère que ces fertilisants seront disponibles au plus tard en octobre 2026.

L’OTB prévoit également de revenir à la pratique consistant à fertiliser les plantations deux fois par an. Cette mesure devrait, selon son directeur général, contribuer à améliorer les rendements et à augmenter progressivement la production.

Un appel à reprendre l’entretien des plantations

Yves Mukundwa a enfin voulu rassurer les théiculteurs, affirmant que le gouvernement avait pris en compte leurs doléances.

Il les a appelés à redoubler d’efforts dans l’entretien de leurs plantations, notamment à travers le sarclage et la fertilisation, mais aussi en respectant les calendriers de cueillette établis par les agronomes chargés de leur encadrement.

Pour l’OTB, la relance de la filière théicole repose désormais sur trois leviers : une meilleure rémunération des producteurs, un approvisionnement régulier en engrais et un entretien accru des plantations.

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Photo : une plantation de thé au Burundi. Le directeur général de l’Office du thé du Burundi (OTB) a promis de prendre des mesures pour améliorer les conditions de production et soutenir les producteurs de thé./Crédit photo : InfoNile

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