Burunga : manque de lits, d’enseignants et de subsides, les internats sous pression
SOS Médias Burundi
Burunga, 15 septembre 2026 — La rentrée scolaire 2026-2027, officiellement lancée ce lundi 14 septembre, se déroule dans des conditions difficiles pour plusieurs établissements scolaires à régime d’internat de la province de Burunga, au sud du Burundi. Le lycée Rumeza, le lycée Rumonge et le lycée Al Marktoum font face à d’importants besoins en lits, matelas, équipements scolaires, enseignants, eau potable et moyens financiers, compliquant l’accueil des élèves internes dans de bonnes conditions.
Au lycée Rumeza, situé dans la commune de Matana, l’établissement devait accueillir quelque 500 élèves à l’internat. Selon des informations recueillies sur place, l’école accuse toutefois un déficit d’environ 50 lits et d’une centaine de matelas nécessaires pour héberger tous les internes.
Le réfectoire manque également d’équipements, notamment une vingtaine de bancs et une dizaine de tables à manger. Dans les salles de classe, l’établissement aurait besoin d’environ 60 bancs-pupitres supplémentaires.
Le manque d’enseignants constitue une autre difficulté. Plusieurs disciplines sont concernées, notamment le français, l’anglais, les mathématiques-statistiques, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ainsi que la psychologie.
Des besoins importants au lycée Rumonge
Au lycée Rumonge, dans la commune de Rumonge, les besoins en matériel d’internat sont également importants.
Des sources locales estiment à environ 400 le nombre de lits et à 200 celui des matelas nécessaires pour permettre aux élèves internes d’être accueillis dans de bonnes conditions. L’établissement aurait également besoin de nouveaux enseignants et de matériel pédagogique.
Des infrastructures encore en chantier au lycée Al Marktoum
La situation paraît particulièrement préoccupante au lycée Al Marktoum, dans la commune de Rumonge.
Des parents contactés ce lundi affirment que l’établissement rencontre de nombreuses difficultés pour accueillir les élèves internes. Selon certains enseignants, des infrastructures essentielles, notamment la cuisine, le réfectoire et les dortoirs, n’étaient pas encore prêtes au moment de la rentrée.
Des travaux de construction étaient toujours en cours alors que la direction devait déjà accueillir et héberger les élèves.
Les mêmes sources estiment que ces travaux pourraient se poursuivre pendant plus de trois semaines après le début de l’année scolaire. Cette situation soulève des interrogations sur les conditions dans lesquelles les élèves internes seront hébergés durant cette période.

Des bancs-pupitres achetés dans le cadre d’un programme du gouvernement burundais, destinés à équiper les établissements scolaires du pays. © SOS Médias Burundi
Le manque d’eau potable inquiète
À ces difficultés matérielles s’ajoute le problème de l’accès à l’eau potable dans plusieurs établissements à régime d’internat.
Des responsables scolaires craignent que cette situation n’entraîne une dégradation des conditions d’hygiène et n’expose les élèves à des maladies liées au manque d’eau et d’assainissement.
Le manque de moyens financiers constitue une autre préoccupation. Alors que les établissements doivent assurer l’hébergement et la restauration des internes, certains responsables indiquent que les fonds destinés à leur fonctionnement n’ont pas encore été versés par le gouvernement central.
Des stocks de vivres seraient ainsi insuffisants, voire épuisés dans certains établissements. Des directeurs appellent les autorités à prendre les dispositions nécessaires afin que les budgets destinés aux écoles à régime d’internat soient rapidement versés sur leurs comptes.
La relance des internats mise à l’épreuve
Ces difficultés interviennent alors que le gouvernement a annoncé une politique de relance des écoles à régime d’internat, avec la réouverture de plusieurs internats au cours de cette année scolaire, dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement.
Des commissions de recrutement ont notamment été mises en place et les listes d’attente pour le recrutement de nouveaux enseignants auraient été actualisées.
Les responsables scolaires attendent toutefois encore la publication, province par province, des listes des enseignants retenus. Les candidats figurant sur les listes d’attente demandent que le processus de recrutement soit mené dans la transparence afin d’éviter le favoritisme.
5 000 enseignants annoncés face à un besoin de 14 000
Le manque d’enseignants demeure l’un des principaux défis du système éducatif burundais.
Le gouvernement a récemment annoncé la mobilisation de moyens financiers pour recruter 5 000 nouveaux enseignants, afin de répondre notamment aux besoins signalés dans plusieurs établissements scolaires.
Ce nombre reste toutefois largement inférieur aux besoins exprimés par le ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, qui avait formulé une demande portant sur 14 000 nouveaux enseignants.
Le porte-parole et secrétaire général du gouvernement, Jérôme Niyonzima, a déclaré que le recrutement de 5 000 enseignants était conditionné par les ressources budgétaires disponibles pour cette opération.

Un problème qui dépasse Burunga
La situation observée dans la province de Burunga n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs établissements scolaires du pays, le manque d’enseignants, d’équipements, d’eau potable et de moyens de fonctionnement continue de compliquer la rentrée scolaire.
La réouverture et la relance des internats mettent ainsi davantage de pression sur les infrastructures et les ressources disponibles. Pour les responsables scolaires, l’enjeu est désormais de garantir que les ambitions affichées par le gouvernement soient accompagnées de moyens suffisants pour assurer aux élèves des conditions d’apprentissage, d’hébergement et de restauration dignes.
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Photo : Un homme pulvérise des matelas usés dans un lycée à régime d’internat à Kiganda, au centre du Burundi, en septembre 2016. À Burunga, plusieurs établissements scolaires à régime d’internat font face à des difficultés liées notamment au manque de lits, de matelas et de moyens de fonctionnement. © SOS Médias Burundi
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