Burunga : violences, arrestations et argent exigé, les motards montent au créneau
SOS Médias Burundi
Burunga, 22 septembre 2026— Un incident survenu lundi 21 septembre au parking des motos de Makamba relance les interrogations sur les relations entre policiers et conducteurs de motos-taxis dans la province de Burunga, dans le sud du Burundi. Plusieurs motards affirment par ailleurs être contraints de verser entre 20 000 et 100 000 francs burundais pour éviter la saisie de leurs motos.
La tension est de nouveau montée d’un cran lundi soir au parking des motos de Makamba, chef-lieu de la province de Burunga, dans le sud du Burundi.
Selon les témoignages recueillis sur place, un policier en civil a tenté d’interpeller un conducteur de moto. Une altercation a ensuite éclaté entre les deux hommes.
Au même moment, un autre motard arrivant depuis le rond-point est tombé au sol et a été blessé au visage.
Des témoins affirment que le policier en civil a ensuite voulu quitter les lieux. Des personnes présentes sur place lui ont demandé de rester afin que le blessé puisse être pris en charge.
Le responsable de la zone Makamba et d’autres agents de sécurité sont finalement arrivés sur les lieux. Deux motos ont été conduites au poste de police local, tandis que le motard blessé a été transporté à l’hôpital.
L’identité du policier en civil a également suscité des interrogations. Selon des témoins, il ne portait aucun élément permettant de l’identifier immédiatement comme agent de police.
Des motards affirment payer pour éviter la saisie de leurs motos
Cet incident intervient alors que plusieurs conducteurs de motos-taxis dénoncent, dans différentes localités de Burunga, des pratiques qu’ils assimilent à du rançonnement lors des contrôles policiers.
Selon leurs témoignages, certains policiers arrêtent les motards, immobilisent leurs motos et exigent de l’argent avant de les laisser repartir.
Les sommes évoquées varient entre 20 000 et 100 000 francs burundais.
Certains conducteurs affirment accepter de payer par crainte de voir leurs motos placées à la fourrière. Ils disent également que ces demandes d’argent ne sont pas toujours accompagnées d’une explication claire sur l’infraction qui leur est reprochée.
Pour ces motards, lorsqu’une infraction est constatée, elle devrait être sanctionnée suivant une procédure officielle, plutôt que de donner lieu à un paiement directement sur place.
Ils demandent également que les policiers en civil soient clairement identifiables lors des opérations de contrôle.
Des tensions déjà signalées en juillet
Ces accusations interviennent plusieurs semaines après des tensions signalées entre policiers et conducteurs de motos-taxis.
Lors d’une réunion de sécurité tenue le 13 juillet dernier par le gouverneur de la province de Burunga, Parfait Mboninyibuka, l’administratrice de la commune Matana, Gloriose Niyubahwe, avait déjà soulevé la question des contrôles et des sanctions infligées aux taxis-motos.
Elle avait notamment critiqué le fait que la police se limite, selon elle, à infliger des amendes sans suffisamment prendre en compte les conséquences des accidents causés par des engins roulant sans documents sur les passagers.
L’administratrice avait également affirmé que certaines motos appartenant à des autorités pouvaient être libérées après une intervention auprès des responsables de la police.
Selon elle, des motos arrêtées pour défaut de plaque ou de documents peuvent être remises en circulation sans que ces documents soient régularisés.
Elle avait alors demandé que les mêmes règles soient appliquées à tous.
« Une moto sans plaque ou sans documents, si elle est interdite de circuler, que cela soit une mesure commune dans toute la province », avait-elle déclaré.
Elle estimait qu’une moto libérée sans documents pouvait être à nouveau appréhendée le lendemain, ce qui, selon elle, risquait d’alimenter les contestations et les révoltes des motards.
Plusieurs blessés lors d’altercations
Au cours du mois de juillet, plusieurs altercations entre policiers et motards ont également été signalées dans la province.

Un sexagénaire renversé par une moto lors d’une opération de contrôle à Makamba, dans la province de Burunga, au sud du Burundi. (SOS Médias Burundi)
Selon les informations rapportées, des policiers et des conducteurs de motos ont été blessés lors de certains affrontements. Des motards ont également été blessés par balles, selon ces mêmes informations.
Ces incidents montrent que les opérations de contrôle routier peuvent rapidement dégénérer lorsque les conducteurs contestent les décisions des agents ou lorsque les procédures sont perçues comme injustes.
Une demande de clarté et d’application uniforme de la loi
Aujourd’hui, les conducteurs de motos-taxis demandent davantage de transparence dans les contrôles.
Ils souhaitent que les policiers, y compris ceux opérant en civil, puissent être clairement identifiés, que les infractions soient constatées officiellement et que les sanctions soient appliquées suivant les procédures prévues.
Ils demandent également que la réglementation soit appliquée de manière uniforme, indépendamment de l’identité du propriétaire de la moto.
Les accusations de rançonnement rapportées par les motards nécessitent toutefois des vérifications et des explications des autorités policières. Elles ne permettent pas, à ce stade, d’établir la responsabilité individuelle des agents mis en cause.
Mais entre l’incident de Makamba du 21 septembre, les sommes d’argent évoquées par plusieurs conducteurs et les alertes déjà formulées en juillet, la question de l’encadrement des contrôles des motos-taxis reste au cœur des préoccupations dans la province de Burunga, dans le sud du Burundi.
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Photo: Un sexagénaire renversé par une moto lors d’une opération de contrôle à Makamba, dans la province de Burunga, au sud du Burundi. (SOS Médias Burundi)
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