Bujumbura : un journaliste d’Isanganiro agressé et battu par des policiers
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 29 septembre 2026 — Le journaliste Alexis Ndayisenga de la Radiotélévision Isanganiro affirme avoir été agressé par des policiers dans la nuit du lundi 28 septembre au parking des bus du Sud, dans la capitale économique Bujumbura. Il dit avoir ensuite été conduit à un poste de police situé près de l’ancien marché central de Bujumbura, connu sous le nom de SOGEMAC, où il affirme avoir de nouveau été battu.
Alexis Ndayisenga revenait de son travail après avoir présenté l’édition de la soirée lorsqu’il a été confronté à un officier de police en tenue civile.
Selon son témoignage, le policier, qu’il identifie comme le lieutenant Blaise, membre du Groupe mobile d’intervention rapide (GEMIR), lui a demandé de descendre de force d’un véhicule de transport de passagers.
Le journaliste affirme avoir demandé à rester à bord en raison de sa fatigue. Le policier aurait alors réagi violemment en lui donnant deux coups de bâton au niveau du cou.
Il affirme avoir ensuite été conduit au poste de police par des agents chargés de l’escorter. Sur place, il dit avoir été sérieusement battu alors qu’il était couché sur le ventre.
Alexis Ndayisenga affirme souffrir encore de douleurs au cou à la suite des coups reçus. Il dénonce également des propos tenus par certains policiers qui auraient tenté de l’agresser davantage, notamment lorsqu’ils lui auraient lancé que « ses fesses appartenaient à l’État ».
Le journaliste a finalement été libéré après 22 heures, à la suite de l’intervention d’un responsable de la police qui, selon son témoignage, a dénoncé les violences commises par les agents concernés.
La direction d’Isanganiro demande des poursuites
Le directeur de la Radiotélévision Isanganiro, Charles Makoto, condamne fermement l’agression de son journaliste et demande que des mesures judiciaires soient prises contre les policiers impliqués.
Contacté par la rédaction d’Isanganiro, le porte-parole de la police, Léopold Ndayisimiye, qualifie l’incident de « petit incident ». Il affirme toutefois que la police enquête sur les faits.
Selon lui, les policiers impliqués devraient être sanctionnés si les faits sont établis. Il ajoute que la police ne peut en aucun cas soutenir un tel comportement envers les citoyens.
Le Burundi classé 119e par RSF
L’incident intervient alors que les conditions d’exercice du journalisme restent préoccupantes au Burundi.
Dans son Classement mondial de la liberté de la presse 2026, Reporters sans frontières (RSF) classe le Burundi au 119e rang sur 180 pays, avec un score de 46,14 points, contre la 125e place en 2025.
RSF estime que, malgré certains signaux favorables envoyés par les autorités, l’environnement reste « très hostile » pour les journalistes au Burundi. L’organisation souligne notamment la persistance de poursuites et de condamnations visant des professionnels des médias.
Pour RSF, la sécurité constitue l’un des cinq indicateurs pris en compte dans l’évaluation de la liberté de la presse. Le Burundi obtient un score de 52,86 points pour cet indicateur en 2026.
L’agression rapportée par Alexis Ndayisenga relance ainsi les interrogations sur la sécurité des journalistes et le respect de leurs droits dans l’exercice de leur profession.
________________________________________________
Photo : Le journaliste Alexis Ndayisenga, de la Radiotélévision Isanganiro, affirme avoir été agressé et battu par des policiers dans la nuit du 28 septembre 2026 à Bujumbura. Il dit avoir été conduit à un poste de police après avoir été frappé au niveau du cou. © DR/SOS Médias Burundi
You might also like
Muramvya : quatre personnes arrêtées pour meurtre
Denis Maniragaba, Fridolin Ndayishimiye, Venise Ndereyimana et Désiré Manirambona ont été interpellés ce jeudi par la police accompagnée des responsables administratifs sur la colline de Mubira, de la commune et
Burundi : Raymond Nzimana s’en va, ses confrères gardent sa voix et ses souvenirs
SOS Médias Burundi Bujumbura, 27 septembre 2026 — Le journaliste burundais Raymond Nzimana, directeur de la radio privée Bonesha FM, est décédé dimanche matin des suites d’une courte maladie, a
Burundi : un ministre ordonne à la police de supprimer les enregistrements des journalistes
Les faits se sont déroulés ce lundi dans la ville commerciale Bujumbura. Le ministre en charge des affaires intérieures et de la sécurité s’entretenait avec les gouverneurs de provinces, les
