Burundi : un responsable d’un journal en ligne en cavale

Burundi : un responsable d’un journal en ligne en cavale

Pascal Ndayisenga, responsable d’un journal en ligne local est en cavale depuis lundi de cette semaine. Il est menacé par l’administrateur communal de Kiremba en commune Ngozi (nord du Burundi). C’est après avoir fait des reportages sur des dossiers de détournement des biens publics. Il demande que sa sécurité soit assurée. Les dossiers traités par « La Nova Burundi » ont récemment été évoqués par le chef de l’Etat publiquement. L’officiel n’a pas seulement ,avec l’aide de ses alliés menacé notre confrère, il a aussi saisi l’organe étatique de régulation des médias alors que le média ne lui pas refusé le droit de réponse. (SOS Médias Burundi)

Le gouverneur de Ngozi Emmanuel Ntaconsanze a effectué une descente en commune de Kiremba la semaine dernière.
C’est le président Neva qui l’a obligé de faire cette descente pour écouter les doléances de la population. Le président burundais insistait sur la vente illégalle de deux maisons et une parcelle appartenant à une coopérative locale dénommée « Akanovera ».

Dans son discours d’accueil, Pascal Sebigo , administrateur de Kiremba a demandé à l’autorité provinciale de tranquilliser les habitants de cette commune, car, selon lui, « [[… beaucoup de rimeurs circulent autour du discours du président de la République…]] ».

Le reporter du Journal « La Nova Burundi « a reporté ce qui suit: « l’administrateur de Kiremba a dit que ce que le président a déclaré n’est que rumeur ».

Une erreur vite corrigée

« J’ai réalisé une erreur dans ma publication qui a été vite corrigée. J’ai rectifié et j’ai humblement présenté des excuses. Même le Conseil National de la Communication (CNC) a été informé, et m’a rassuré que ça va », confie le journaliste et responsable du Journal La Nova Burundi.

Des signes de menaces

Le matin du lundi 18 juillet, le journaliste de La Nova Burundi affirme avoir eu plusieurs appels de l’administrateur de Kiremba. Pascal Sebigo l’a invité à se renconter au siège du Conseil National de la Communication.

Doutant du rendez-vous, le journaliste l’informe qu’il est en cours de route de Gitega-Bujumbura (capitale politique- capitale économique). Après quelques minutes, l’autorité communale changeant d’avis, l’obligeant de lui rencontrer à la gare du nord (nord de Bujumbura, la capitale économique).

« En vérifiant les informations que j’avais reçues, j’ai constaté que le rendez-vous était plutôt un piège », dit-il avant d’affirmer qu’il a plaidé pour une rencontre au CNC, mais que « Pascal Sebigo insistait plutôt que l’on se rencontre à la gare du nord ».

Pascal Ndayisenga dit s’être excusé auprès du CNC pour ne pas avoir répondu au rendez-vous tout en lui faisant part de toutes ses inquiétudes.

Un des responsables du CNC lui a signifié que cet organe ne l’a pas convoqué.

Digression

Dans une lettre adressée au Conseil National de la Communication, Pascal Sebigo, administrateur de Kiremba accuse le Journal La Nova Burundi de diffuser des informations non fondées et non vérifiées sur cette commune.

Non, c’est plutôt vérifiées, fait savoir Ndayisenga qui a fait des enquêtes depuis février 2022.

« Le journal La Nova Burundi (en ligne) a méné une enquête sur la vente illégale de deux maisons appartenant à la coopérative Akanovera de Kiremba.

« Lors de sa descente, le gouverneur de Ngozi a recommandé que la parcelle et les deux maisons reviennent à la commune », explique le journaliste.

Le journal a aussi enquêté sur le détournement de plus de huit cent sacs de ciment, un vol qui a freiné les travaux de construction d’une école d’enseignement des métiers sur la colline de Butare.

« L’autorité communale a avoué devant la délégation provinciale qu’il a lui-même pris du stock plus de mille sacs de ciment, avançant qu’il allait les utiliser sur d’autres écoles ou bureaux. Cependant, il a affirmé qu’il n’y avait pas de comité de gestion des quantités retirées du stock », selon des participants à la rencontre de samedi dernier. Les propos du responsable communal ont été diffusés à la radio- télévision nationale du Burundi (RTNB).

Pour le journaliste en cavale, ce qui se passe n’est qu’une façon de faire dérouter les enquêtes. Il demande plutôt que sa sécurité soit assurée. Il affirme avoir reçu, en plus des appels de l’administrateur de Kiremba, plusieurs autres appels anonymes de personnes qui le menaçaient.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs individus dont un général de la PNB (Police nationale du Burundi) ont menacé le journaliste ouvertement.

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Photo : Pascal Ndayisenga, responsable du journal en ligne local La Nova Burundi

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