Burundi : un jeune taxi-motard détenu à Rumonge sur fond d’arrestations à Matana

Burundi : un jeune taxi-motard détenu à Rumonge sur fond d’arrestations à Matana

SOS Médias Burundi

Rumonge, 16 octobre 2026 —Elvis Niyondavyi, un jeune conducteur de taxi-moto, est détenu depuis le 12 octobre au cachot du commissariat communal de police de Rumonge, ville portuaire de la province de Burunga, dans le sud-ouest du Burundi. Son arrestation intervient dans un contexte marqué par plusieurs interpellations signalées depuis le 27 septembre dans la commune de Matana, dans la même province, sur fond de soupçons d’infiltration de combattants armés dans la région.

Selon des sources familiales, Elvis Niyondavyi avait quitté le domicile familial, situé sur la colline de Kivumu, dans la zone de Kizuka, le samedi 10 octobre, en raison de rumeurs faisant état d’une possible arrestation. Il se serait ensuite rendu à Rumonge, où il travaillait comme conducteur de taxi-moto depuis le week-end précédent.

Il a finalement été arrêté le lundi 12 octobre au centre-ville de Rumonge. Des sources policières indiquent que les agents disposaient déjà de la plaque d’immatriculation de sa moto ainsi que de sa photographie. Au moment où SOS Médias Burundi recueillait les informations, aucun dossier n’aurait encore été constitué contre lui. Les mêmes sources évoquent la possibilité d’un transfert vers les services de police de Mugamba, dans la commune de Matana, pour être entendu par un officier de police judiciaire.

Depuis le 27 septembre, plusieurs personnes, notamment des jeunes et des militaires retraités, ont été arrêtées dans la commune de Matana, selon des témoignages recueillis localement. Le nombre exact de personnes interpellées, de celles qui sont toujours détenues et de celles qui auraient été libérées n’a pas pu être établi.

Ces arrestations successives suscitent des inquiétudes parmi les habitants. Des témoins et des proches des personnes interpellées dénoncent ce qu’ils considèrent comme un ciblage de personnes qui ne sont pas affiliées au parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Certains redoutent notamment que les opérations visent des membres de la minorité tutsi. Ces accusations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante par SOS Médias Burundi.

Lors d’une réunion trimestrielle consacrée à la sécurité, tenue le 8 octobre, l’administrateur de Rumonge, Augustin Minani, avait évoqué des informations faisant état de la présence d’hommes armés à Rutumo, qui seraient entrés dans la région par Magara. Il avait appelé la population à collaborer avec les autorités et à soutenir les efforts de sécurisation, notamment en renforçant les patrouilles nocturnes.

De son côté, le commissaire communal de police a accusé le mouvement rebelle burundais RED-Tabara, basé dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), de profiter des difficultés rencontrées par la population, notamment les pénuries de carburant, pour donner l’impression que l’État est défaillant.

Aucun élément disponible ne permet toutefois d’établir un lien entre les personnes arrêtées à Matana et RED-Tabara, ni de confirmer leur implication dans une éventuelle infiltration armée.

Contacté par SOS Médias Burundi, le porte-parole de la Police nationale du Burundi (PNB) a déclaré que le gouvernement ne pouvait pas « se laisser faire », sans toutefois préciser le nombre de personnes interpellées dans le cadre de ces opérations.

________________________________________________

Photo : Une pancarte de bienvenue à l’entrée de la commune de Rumonge, dans la province de Burunga, au sud-ouest du Burundi, où le jeune taxi-motard Elvis Niyondavyi est détenu depuis le 12 octobre. © SOS Médias Burundi

Previous RDC : le FRN défie Kinshasa et impose sa rentrée universitaire à Goma et Bukavu
Next Burundi : un ancien militaire démobilisé tué par une grenade, une seconde découverte à son domicile

You might also like

Droits Humains

Burambi: un enseignant arrêté par la police

Jonathan Nibasumba, a été arrêté par la police ce jeudi au chef lieu de la commune de Burambi en province de Rumonge (sud-ouest du Burundi). L’homme qui est en même

Sécurité

Bubanza: des habitants des collines proches de la Kibira craignent d’être attaqués

Depuis quelques jours, des habitants des collines de Mpishi, Nyarusange en commune de Musigati et Ruce, Kabanga, Rutake, Rwamvurwe en commune de Rugazi (province de Bubanza, ouest du Burundi) ne

Droits Humains

Burundi : la CVR qualifie de génocide de Hutus les massacres de 1972

Ce lundi, la commission vérité et réconciliation (CVR) présentait son troisième rapport d’étape aux deux chambres du parlement. Son président a déclaré que les massacres de 1972 qui ont emporté