Nduta-Mtendeli (Tanzanie): le ministre de l’Intérieur burundais en visite dans les camps de réfugiés pour appeler au retour massif des réfugiés


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Ce vendredi, le ministre de l’Intérieur burundais s’est rendu aux camps de réfugiés de Nduta et Mtendeli, en Tanzanie pour sensibiliser ses compatriotes au retour massif et volontaire.Des refugiés ont posé comme condition primordiale l’arrêt des violations des droits humains pour retourner au pays. (SOS Médias Burundi)

Dès le matin de ce vendredi, les drapeaux des deux pays voisins, le Burundi et la Tanzanie flottaient côte à côte au terrain de football de la zone 5 du camp de Nduta.

Certains réfugiés n’étaient pas contents et d’autres ne voulaient pas aller sur ce terrain pour écouter l’émissaire du gouvernement qui les a envoyés en exil. Toutes les boutiques ont été fermées pour les obliger de s’y rendre, comme le témoignent des Burundais sur place.

Pascal Barandagiye et son homologue tanzanien ont débarqué au camp vers 10h35. Après un bref mot d’accueil, le ministre burundais a pris la parole sous les huées des Burundais. Certains réfugiés ont indiqué qu’il était visiblement énervé.

Devant plusieurs centaines de réfugiés burundais, Mr Pascal Barandagiye, a rassuré sur le retour de la sécurité au Burundi. « La paix et la sécurité règnent au Burundi. Rentrez chez vous, vous serez accueillis à bras ouverts et vous serez protégés”, a-t-il assuré.

Certains réfugiés ont indiqué que les raisons qui les ont poussés à fuir sont toujours là. Ils ont cité ce qui les pousse à rester en exil.
“Les CNL sont tués à coup de machettes, des disparitions forcées, des tortures par les services secrets, des cas d’intolérance politique, des arrestations arbitraires, de nouveaux réfugiés qui ne cessent d’être accueillis ici, etc…”, disent des témoins oculaires.

L’émissaire burundais les a rassurés que rien ne leur arrivera et a même demandé au gouvernement tanzanien de faciliter leur retour.

“Des réfugiés n’ont pas permis au ministre de l’Intérieur de terminer son allocution. Ils l’ont hué encore une fois, le poussant à mettre fin à son discours”, disent des Burundais.

Le ministre tanzanien de l’Intérieur a abordé dans le même sens que son homologue. Il a signifié aux réfugiés que l’heure de retour au pays a sonné et que « la Tanzanie et ses partenaires sont prêts à rapatrier 2000 réfugiés par semaine ». « Non Non Non” ont rétorqué des réfugiés.

Cette visite a duré moins de deux heures et le ministre Barandagiye s’est directement dirigé vers le camp de Mtendeli. Le message est le même, celui de sensibiliser les réfugiés burundais au retour volontaire avant les élections de 2020 selon nos sources.

Que ce soit à Nduta ou à Mtendeli, des Burundais indiquent qu’ils ne sont pas prêts pour rentrer massivement.

“Sur la question lui posée de savoir qui tue et fait disparaître les citoyens burundais alors que la sécurité est assurée, les deux ministres n’ont pas pu donner une réponse convaincante, raison pour laquelle nous considérons cette visite comme un non-lieu”, ont conclu des responsables des villages dans les deux camps.

C’est la deuxième fois que le ministre Barandagiye se rend dans les camps de réfugiés burundais en Tanzanie pour la même mission. En 2017, les réfugiés ont failli lui lancer des pierres n’eut été l’intervention de la police. La même année, il s’est rendu à Nakivale en Ouganda où il a trouvé des réfugiés burundais en marche manifestation contre sa venue.

Nduta héberge plus de 84.800 burundais, Mtendeli plus de 33 800 alors que Nakivale en Ouganda a donné refuge à plus de 34 800 burundais.