Le CNC dit ignorer les motifs de l’incarcération des journalistes du groupe de presse Iwacu


Le président du Conseil national de la communication l’a déclaré à l’issue de la présentation du rapport trimestriel du monitoring des médias tenant compte de la dimension genre. (SOS Médias Burundi)

Le président du CNC a déclaré que son organe ne dispose pas d’élements suffisants pour pouvoir s’exprimer. Il dit plutôt que quand la justice s’est  déjà saisie du dossier qui serait même lié à l’exercice du journalisme, que le CNC n’a pas  le droit de dire quoi que ce soit ou d’intervenir.

Pour Nestor Bankumukunzi, si les journalistes du groupe de presse Iwacu ont commis des fautes en rapport avec l’exercice de leur profession, il demande que  le droit soit dit. Par contre, s’ils ont commis des infractions de droit commun, il indique que le CNC n’est pas directement concerné. «Toutefois, le CNC n’est pas encore informé des fautes que ces journalistes  ont commises», a-t-il clôturé s’adressant aux médias.

Dans son discours, la présidente de l’association des femmes journalistes (Afjo) s’est réjouit de la mise en place d’un comité de suivi de la mise en application de la charte des médias sensibles au genre par le ministère de la communication et des médias. «Nous regrettons toutefois qu’une femme membre de ce comité Agnès Ndirubusa soit détenue. Nous demandons aux autorités judiciaires d’accélerer les enquêtes afin que justice soit rendue à tous les journalistes qui sont sous les verrous», a annoncé Diane Ndonse.

Les quatre journalistes du groupe de presse Iwacu et leur chauffeur ont éte arrêtés le 22 octobre dernier alors qu’ils étaient en reportage dans le commune de Musigati (province Bubanza, ouest du pays).

La chambre de conseil du tribunal de grande instance de Bubanza a confirmé leur maintien en détention le 31 octobre dernier. La décision a fait objet d’appel devant la Cour d’appel de Ntahangwa en mairie de Bujumbura,il y a deux jours.

Plusieurs organisations de défense des droits des journalistes et des droits de l’homme ont dénoncé cette arrestation, affirmant que ces journalistes ne faisaient que leur travail de se rendre sur terrain pour récolter des informations.