Des réfugiés dénoncent des fouilles visant à refouler des demandeurs d’asile à Nduta


Depuis dimanche dernier, la police tanzanienne mène des fouilles au camp de réfugiés burundais de Nduta. Elles visent à identifier et chasser les demandeurs d’asile non enregistrés pour leur faire retourner au Burundi. Les concernés s’inquiètent de leur sécurité. (SOS Médias Burundi)

Les plus visés sont les demandeurs d’asile qui sont arrivés au camp de Nduta au mois de décembre 2019. Ceux qui ont été accueillis avant ont été enregistrés sur une liste d’attente.

“Depuis dimanche, des demandeurs d’asile se  cachent. Ils ne peuvent même pas loger chez d’autres réfugiés car celui  qui les accueille est également assimilé à un fauteur de trouble. Il se voit retiré son statut de demandeur d’asile immédiatement”,  témoignent des réfugiés burundais.

Plusieurs de ces nouveaux demandeurs d’asile ont été arrêtés.

“ Nous avons vu des policiers embarquer  des demandeurs d’asile dans leur camionnette. La police dit que celui qui est arrêté devra nécessairement regagner son pays”, ajoutent des réfugiés burundais qui disent s’inquiéter pour la sécurité de leurs compatriotes. 

La police tanzanienne a intimé l’ordre aux chefs des zones et villages de coopérer pour traquer ces nouveaux demandeurs d’asile non enregistrés et de donner le rapport chaque semaine au responsable  du camp.

Au début de ce mois, la Tanzanie a menacé d’expulser plus d’un millier de réfugiés burundais demandeurs d’asile.

Dans le camp de réfugiés burundais de Nduta, la mesure concerne 1028 réfugiés. Ils sont tous arrivés en Tanzanie en décembre 2019. Le responsable de l’immigration dans la région de Kigoma où est installé le camp de Nduta leur a accordé fin janvier un délai d’un mois pour quitter le territoire tanzanien.

La police a indiqué que l’effectif de ceux qui sont  visés par la décision dans les camps de Nyarugusu,  Mtendeli,  deux autres camps abritant des Burundais n’est pas encore connu.