L’Olucome déplore le retrait d’agrément des bureaux de change


L’observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME) a sorti un communiqué au lendemain du retrait d’agrément des bureaux de change par la Banque Centrale. Selon l’organisation, la mesure ne va pas résoudre le problème de manque de devises dans le pays. (SOS Médias Burundi)

L’Olucome souligne que le retrait d’agrément des bureaux de change n’apportera pas de solution au problème de change. Dans le communiqué, l’Olucome rappelle déjà que depuis 2015, il s’est observé le problème de rareté des devises parce que les bailleurs ont soit suspendu ou minoré leur part de financement, et la production nationale a diminué. «Lorsqu’il y a le problème de manque de devises, ce n’est pas une telle mesure qui peut changer les choses parce que c’est la loi de l’offre et de la demande des devises qui fixe les prix sur le marché de change », écrit Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome.

Suite à la rareté des devises, il fait savoir que plusieurs produits sont devenus difficiles à trouver ou que leurs prix ont monté. Il souligne ici, le ciment dont le sac de 50 kg qui devrait s’acheter à 24.500 FBu, et qui coûte aujourd’hui 32.000 FBu, les limonades produites par la Brarudi (Brasserie et Limonaderie du Burundi), qui devraient coûter 700 Fbu la bouteille, et qui s’achètent ces derniers jours à 1000 FBu, ainsi que le sucre dont le prix est passé de 2340 Fbu par kilogramme à 3000 Fbu.

Selon l’organisation, la pénurie des devises touche également le secteur du carburant ainsi que celui des produits pharmaceutiques où les médicaments de type spécialité sont rares.

Les devises, indique l’Olucome, proviennent de l’exportation du café, du coton, des minerais et du thé. «Cependant si on exporte les minerais, 70% des devises issues de la vente ne sont pas rapatriés », déplore-t-il.

M.Rufyiri appelle au gouvernement burundais de renouer les relations avec les partenaires financiers, de multiplier les produits exportables, de redynamiser le tourisme, et de stimuler les investisseurs pour avoir les devises en quantité suffisante.

Le gouverneur de la Banque de la République du Burundi a, ce lundi annoncé que le travail de change sera dès le 15 février courant confié aux  bureaux de change ouverts au sein des Banques Commerciales. «Elles sont réglementées par la Banque Centrale, mais aussi le change, elles le faisaient et nous suivons de près l’activité des Banques plus que celle des bureaux de change », a dit Jean Ciza dans une conférence de presse.