Plus de 200 ménages expropriés par la brigade de Muzinda

Plus de 200 ménages expropriés par la brigade de Muzinda

Depuis 2018, des familles ont vu leurs terres occupées par des militaires qui y ont érigé des positions. Les  collines de Kibenga et Butavuka où étaient  plantés des palmiers à huile, des bananeraies, et d’autres cultures sont dès lors contrôlées par des militaires de la brigade de Muzinda en province de Bubanza (ouest du Burundi).  (SOS Médias Burundi)

Les concernés disent que des militaires se sont appropriés leurs terres. Pour eux, il s’agit d’une «occupation arbitraire ».

«Nous avons été envahis par des militaires» déclare un homme d’une cinquantaine d’années, habitant et natif de Kibenga.

Les propriétaires des terres occupées seraient même empêchés d’aller récolter ce qu’ils ont semé. «Ces militaires  récoltent nos palmiers et s’arrogent le droit de faire louer nos terres eux-mêmes», accuse un autre habitant.

Les terres occupées sont   autour de la brigade de Muzinda qui héberge trois unités différentes.

Communément connu comme camp Muzinda, la brigade a été construite avant d’être inaugurée 6 ans plus tard. En 1991, le camp a été attaqué par des rebelles des FNL (Forces Nationales de Libération) palipehutu. Après quelques années, quelques familles ont été expropriées moyennant des indemnisations sur une distance de 150 à 200 m du camp.

Des familles qui n’ont pas reçu de compensations ont saisi l’administration locale depuis 2018 afin de trouver une solution, sans succès. «Certains ne sont plus capables d’envoyer leurs enfants à l’école parce que ces terres étaient leur seule source de revenus, ceux qui tentent d’aller récolter les palmiers et bananes sont malmenés», ont témoigné à SOS Médias Burundi des membres de familles qui ont été expropriées. Jeudi dernier, le gouverneur de Bubanza , accompagné par les autorités judiciaires et policières de la province se sont rendus sur terrain pour rencontrer les plaignants.

La solution est loin d’être trouvée. Le commandant de la brigade n’était pas présent. Le gouverneur Butoyi Nobis Térence leur a promis qu’il va suivre le dossier. Il leur a également conseillé de se chercher un Avocat. Étaient  présents le commissaire provincial de la police, le procureur et le président du tribunal de grande instance de Bubanza. Les familles ont deux semaines avant d’engager une quelconque action, le temps pour le gouverneur de tenter de trouver un remède. Selon une source militaire qui a requis l’anonymat, les familles occupaient les terres illégalement.

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