Covid-19: des humanitaires conseillent la suspension du rapatriement de réfugiés


Des Burundais continuent à être rapatriés de la Tanzanie dans des conditions d’hygiène déplorables malgré la présence de la pandémie dans leur pays d’accueil. Des partenaires du gouvernement au rapatriement disent que l’activité est un véritable forcing des gouvernements du Burundi et de la Tanzanie. Ils dénoncent le risque éminent de propagation de la pandémie qui fait trembler toute l’humanité. ( SOS Médias Burundi)

Selon des employés des ONGs partenaires dans le programme de rapatriement, plus de 500 réfugiés ont été rapatriés jeudi dernier.

Ils dénoncent les conditions dans lesquelles ils travaillent, ce qui les expose à une probable contamination.
« On devra travailler sans masques de protection et en entrant en contact avec des réfugiés qui viennent d’un pays où le coronavirus est déjà déclaré. Nous craignons d’être contaminés », déplorent-ils tout en précisant que seul le staff du HCR dispose du matériel de protection.

Selon nos sources, les autorités burundaise et tanzanienne tiennent beaucoup au rapatriement jusqu’à ignorer les dangers que représente en ce moment le coronavirus qui a déjà frappé aux portes de l’EAC et des grands lacs.

Selon un cadre du HCR, le Burundi veut prouver à la communauté internationale par le rapatriement que les choses marchent bien à la veille des élections.
« Nulle part au monde, le processus de rapatriement ne se fait en même temps que le processus électoral », estime-t-il.

D’après des sources concordantes, les gouvernements burundais et tanzanien ont refusé le report du rapatriement. Plusieurs partenaires affirment que les autorités du Burundi et de la Tanzanie se sont mises d’accord que le rapatriement doit continuer, malgré le danger que représente le coronavirus déjà détecté dans la région où des camps de réfugiés burundais sont installés.

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Photo: image d’archive des réfugiés burundais rapatriés de la Tanzanie