Burundi: l’avocat de Banciryanino dénonce un vice de procédure dans sa détention
Il l’a annoncé dans un entretien téléphonique avec notre rédaction, un jour après la décision du parquet de Ntahangwa (nord de Bujumbura) de placer « sous détention préventive » l’ancien député. Maître Christophe Nkeringanji explique que des articles de la constitution burundaise en vigueur ont été violés. (SOS Médias Burundi)
Selon son avocat, M. Banciryanino est détenu en violation flagrante de la loi.
Il ajoute que son emprisonnement enfreint aussi « les droits des citoyens et des élus du peuple ».
« Il est poursuivi pour des propos qu’il aurait tenus à l’hémicycle de Kigobe durant son mandat. Cela est contraire aux lois en vigueur au Burundi, notamment les articles 41 et 155 de la constitution et l’article 13 du règlement d’ordre intérieur de l’Assemblée Nationale. Il est stipulé dans ces articles qu’un député ne peut être poursuivi pour des propos tenus en plénière à l’Assemblée Nationale. Cela diminue donc les libertés des élus du peuple », a-t-il indiqué.
Pour Maître Nkeringanji, « il n’y a pas de matérialité des faits dans l’affaire de son dossier. Il estime qu »‘il ne peut pas être accusé sur base d’interventions qu’il a faites lors des sessions parlementaires arguant qu’il dénonçait des tueries commises par des organes étatiques…il n’y a pas de crimes là dedans »,insiste-t-il avant de préciser que « cela va créer des problèmes dans le futur car ça revient à empêcher aux élus du peuple de s’exprimer alors que le peuple est le premier contribuable ».
L’avocat de l’opposant trouve que son client devrait bénéficier d’une libération provisoire d’autant plus que « la police et le parquet ont été informés des maladies chroniques dont il souffre ».
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