Burundi: les syndicats dénoncent un recensement des fonctionnaires qui viole le droit à la vie privée


Les confédérations syndicales COSYBU, CSB, la Coalition spéciale des enseignants pour la solidarité nationale (COSSESONA) ainsi que le syndicat national du personnel paramédical et aide-soignant (SYNAPA) ont organisé ce mardi une conférence de presse au lendemain du début du recensement général des fonctionnaires de l’Et au Burundi. Ces organisations se sont montrées critiques quant à l’organisation de ce recensement. Elles ont demandé au gouvernement de le suspendre en indiquant qu’il viole le droit à la vie privée des gens garanti par la constitution du Burundi. (SOS Médias Burundi)

Les 4 organisations syndicales ont vivement critiqué la façon dont le recensement a été organisé.
Pour elles, elles devraient avoir été associées en tant que « partenaires sociaux ». Ces syndicats déplorent que certains éléments du questionnaire n’aient pas été validés par tous les partenaires et remettent en cause la vie privée et la liberté syndicale des travailleurs.

« Comment est-ce que l’État veut connaitre tous nos comptes bancaires, notre actif sur les comptes, l’appartenance ethnique, le nombre d’enfants à notre charge, notre appartenance syndicale ? », s’est interrogé Célestin Nsavyimana, président de la COSYBU.

Il a demandé au gouvernement de suspendre ce recensement actuel des travailleurs et entamer des consultations avec les partenaires en vue d’avoir une compréhension commune de certaines questions qui violent les normes nationales et internationales du travail. Ces organisations syndicales ont également réclamé un dialogue et des négociations urgents sur cette question avec des personnalités ayant le pouvoir d’engager le gouvernement, faute de quoi « elles se verront dans l’ultime obligation de recourir aux voies et moyens leur reconnues par les lois tant nationales qu’internationales’’.

M.Nsavyimana estime d’ailleurs que certaines exigences se trouvant dans le questionnaire concernent les mandataires politiques et non les fonctionnaires.

Le ministère de tutelle rejette les accusations

Marie Rosette Nizigiyimana, secrétaire permanente au ministère de la fonction publique, du travail et de l’emploi souligne qu’il n’y a pas des irrégularités dans le formulaire comme le dénoncent les syndicalistes.

« Je ne sais pas comment le dire mais ces syndicalistes ont toujours été associés dans des activités de l’État. Ça ne cause pas de problèmes qu’on collabore avec ces syndicalistes parce que maintenant le recensement n’est pas encore terminé. S’il y a des irrégularités qu’ils remarquent sur terrain, il faut qu’ils les signalent à temps», s’exclame-t- elle tout en soulignant que ce recensement a été organisé pour l’intérêt des travailleurs parmi lesquels des membres de syndicats.

Dans une conférence de presse qu’elle a animée ce mardi au 2ème jour du recensement des fonctionnaires, l’autorité ministérielle a reconnu la lenteur dans la transmission des données déjà collectées. Pour ce, elle a annoncé la prolongation du délai de cet enregistrement jusqu’à nouvel ordre. Ce travail qui a été lancé ce lundi devrait se clôturer ce mardi.

Le ministère de la fonction publique, du travail et l’emploi compte enregistrer un effectif dépassant légèrement 100.000 fonctionnaires de l’État. Ils travaillent dans les secteur public et paraétatique.

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Photo : des représentants de coalitions syndicales dans une conférence de presse à Bujumbura