Nyarugusu (Tanzanie) : le Burundi refuse d’accueillir plus de 90 réfugiés

Nyarugusu (Tanzanie) : le Burundi refuse d’accueillir plus de 90 réfugiés

Des Burundais ont été repoussés par les services d’immigration burundais. La raison : ils se sont présentés à la frontière avec plusieurs bagages dont des sacs de vivres. Les autorités burundaises ont conclu qu’ils ne sont pas réfugiés mais plutôt des commerçants déguisés. Les concernés demandent d’être accueillis avec leurs biens acquis en exil. (SOS Médias Burundi)

La semaine dernière, les services d’immigration burundaise ont refusé l’entrée au Burundi d’un grand bus à bord duquel se trouvaient plus de 90 rapatriés burundais en provenance du camp de Nyarugusu en Tanzanie.

“Arrivés au poste frontière de Manyovu (Kigoma-Tanzanie)-Mabanda (Makamba, sud du Burundi), notre voyage a été interrompu. La police et les agents du ministère de l’Intérieur nous ont indiqué que nous devons laisser derrière nous nos bagages. Nous avons refusé et le HCR a décidé de nous ramener à Nyarugusu”, témoigne un des réfugiés burundais qui voulait rentrer au pays.

Ces réfugiés avaient derrière eux cinq camions du HCR remplis de bagages dont des vivres. “Moi et ma famille avons transporté au moins 100 kg de riz et 100 kg de haricot, une ration nécessaire pour les premiers jours au Burundi. Nos amis avaient presque la même quantité ou plus. En tout cas, on ne pouvait pas accepter de laisser derrière nous nos biens”, précise un père de famille qui avait choisi de rentrer avec sa femme et ses quatre enfants.

À en croire les témoignages de ces Burundais, les services d’immigration burundaise au sud du pays ont expliqué qu’un réfugié ne peut pas avoir une telle quantité de biens. Pour eux, il s’agit plutôt des commerçants déguisés qui doivent payer impôts et taxes à l’office burundais des recettes.

De retour au camp de Nyarugusu, ils se sont installés au niveau de la zone 9 et leurs bagages ont été conservés dans les stocks du HCR.

Jeudi dernier, le président du camp a annoncé que tout réfugié qui voudra rentrer devrait laisser ses vivres sur place. Seul un sac de moins de 25 kg de riz, de farine ou de maïs est autorisé, a-t-il mentionné.

D’après une source à Nyarugusu, la situation reste confuse. Ces Burundais ne comptent pas changer d’avis et exigent plutôt qu’ils soient autorisés de rentrer avec tous leurs avoirs. Sinon, ils comptent faire un sit-in devant les bureaux du HCR pour manifester leur mécontentement.

Nyarugusu compte plus de 50 mille Burundais. Il enregistre à ce jour moins de départs vers le pays d’origine.

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Photo d’une pancarte indiquant le camp des réfugiés de Nyarugusu

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