Rumonge : la population exige le déblocage de la RN3
Les habitants de la province de Rumonge (sud-ouest du Burundi) ont du mal à se déplacer vers la capitale économique Bujumbura. Cela après l’éboulement de la terre qui a bloqué la route nationale numéro 3 depuis le 21 juin dernier. Les activités sur cette route sont paralysées. Des passagers qui viennent de Bujumbura et d’autres qui arrivent de Rumonge empruntent le lac Tanganyika pour passer de l’autre côté de la route. Cela coûte plus cher et les pirogues ne sont pas confortables pour certains. Ils demandent au gouvernement d’accélérer la réparation de la route. (SOS Médias Burundi)
Certains passagers ont peur de passer par le lac Tanganyika après qu’une pirogue qui transportait plusieurs personnes ait chaviré renversant tous les passagers et les marchandises qui s’y trouvaient. Le sauvetage a été rapide. Plus de peur que de mal.
Sur le point d’éboulement de la terre, deux parkings se sont constitués. L’ un côté Bujumbura, l’autre côte Rumonge. Des petits restaurants et bars se sont improvisés. Les passagers mangent et boivent en attendant de prendre les pirogues et barques pour traverser de l’autre côté.
Des marchandises qui proviennent de Bujumbura vers Rumonge ou vice -versa sont dechargées en attendant d’être embarquées par bateaux.
Le ticket de bus Bujumbura- Muhuta jusqu’à l’endroit d’éboulement était de 4000 francs burundais.
Ceux qui empruntent le lac doivent en plus , payer 2000 francs pour le trajet sur le Tanganyika. Ils doivent payer pour l’autre bout de la route qui leur reste à parcourir.
Une traversée à risques selon certains habitants que nous avons rencontré sur place. Des propriétaires des bateaux de transport étaient en possession des gilets de sauvetage pour les donner aux passagers qui acceptent de traverser la partie à bord des barques.
La traversée à pied sur la route étant interdite pendant les heures de travail. La société SOGEA-SATOM ferme la route aux piétons sauf pendant la pause de midi.
Les personnes qui ont peur de passer par le lac attendent le temps de la pause. L’éboulement a créé une montagne de terre sur la route. Son escalade est un parcours de combattant.
Les gens qui ont une urgence escaladent la montagne surplombant la zone d’éboulement.
Il faut une heure pour emprunter le chemin de la montagne pour la traverser à pied. Le risque est très grand. La montagne est très glissante et très accidentée.
Les personnes âgées, les malades et les personnes vivant avec handicap ne peuvent pas se hasarder à passer par cette colline.
Sur place, les travaux qui avaient été suspendus ont repris.
« Nous avons vu deux machines qui tentent de débloquer la route », ont indiqué des passagers.
Des informations recueillies dans la zone affirment que le déblocage se fait au ralenti à cause d’un malentendu entre le gouvernement et la société en charge de la réfection de la route sur le mode de paiement des travaux supplémentaires qui n’ étaient pas prévus dans le contrat de réhabilitation de cette route.
La société demande une révision du contrat pour intégrer les travaux supplémentaires.
« Entre temps, les conséquences deviennent insupportables pour les habitants de Rumonge, du sud du pays et de Bujumbura. Ceux de Rumonge font face à une pénurie de boissons, du ciment et autres articles en provenance de Bujumbura. Ceux de Bujumbura font face à la hausse des prix du poisson », explique un commerçant du coin.
1 kg de poissons Ndagala (petits poissons du lac Tanganyika) est passé de 50 à 70 mille francs burundais seulement dans les deux semaines qui ont suivi l’éboulement de terrain qui a bloqué cette route.
Les usagers de la RN3 demandent au gouvernement de résoudre le plus rapidement possible ce problème pour que la circulation reprenne normalement sur la RN3.
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Photo : l’endroit où la route a été coupée sur la RN3
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