Tanzanie (Covid-19) : les réfugiés burundais rechignent de se faire vacciner

Tanzanie (Covid-19) : les réfugiés burundais rechignent de se faire vacciner

Dans deux camps de réfugiés à savoir Nduta et Nyarugusu en Tanzanie, il a été organisé une campagne de vaccination de masse contre le Covid-19. Les réfugiés burundais sont très réticents à ce vaccin tandis que les Congolais affichent un engouement de se faire vacciner puisque selon eux, le vaccin au Covid-19 est l’une des conditions de les relocaliser vers les États-Unis ou l’Europe. (SOS Médias Burundi)

Au camp de Nyarugusu en Tanzanie, depuis lundi, les agents sanitaires passent de ménage en ménage pour expliquer aux réfugiés burundais l’avantage du vaccin contre le Covid-19. Toutefois, les réfugiés burundais disent qu’ils ont peur des conséquences néfastes de ce vaccin. Ils évoquent notamment la stérilité.

« Ils sont venus chez moi ce mardi et m’ont attendu jusqu’au soir. Ils m’ont expliqué que le vaccin n’a rien de mal sur la santé et que les rumeurs qui circulent comme quoi le vaccin rend les gens stériles sont sans fondement. J’ai été convaincu des explications. Alors, moi et ma femme avons choisi de nous faire vacciner mais la plupart des réfugiés burundais dans notre zone refusent de se faire vacciner », explique un réfugié de la zone 9 dans le camp de Nyarugusu.

La même activité de sensibilisation se fait au camp de Nduta depuis la semaine dernière.

Cependant, le climat anti-vaccin semble remporter.

« Depuis le début de la campagne de vaccination de masse lancée sur le terrain de la zone 5, en tout cas peu de gens se font vacciner. Ils ont peur des conséquences néfastes que pourrait générer le vaccin du type Johnson and Johnson qui se donne ici, d’autres avancent des raisons de croyances religieuses « , indique un volontaire du HCR.

Dans ces deux camps, les lieux publics sont privilégiés pour cette sensibilisation mais le constat est qu’il y a moins de résultats.

« Dimanche, certains réfugiés ne se sont pas rendus à l’église de peur d’être vaccinés par force. Et d’autres refusent d’aller sur des terrains ou des points de rencontre de jeunes, imaginez qu’il y a même des enseignants et des élèves qui ne vont plus à l’école pour la même raison », précisent nos sources.

Au camp de Nyarugusu, les réfugiés congolais, eux, ne sont pas de cet avis, ils acceptent de se faire vacciner en masse.

« Ils se font vacciner en masse et ce sont eux qui prennent l’initiative de se rendre sur les sites de vaccination. Mais pour eux c’est compréhensible, ils savent que si jamais ils sont relocalisés aux États-Unis ou en Europe, ce vaccin sera obligatoire alors que ce n’est pas le cas pour nous qui sommes malheureux», fustigent des Burundais.

En Tanzanie, la vaccination de masse tend à atteindre toute l’étendue du pays et plus de 60% de la population a déjà eu au moins deux doses.

Le changement de mentalités est venu avec la présidente Samia Suluhu Hassan , au pouvoir depuis mars 2021. Son prédécesseur John Pombe Magufuli lui prônait la médecine traditionnelle comme mode de lutte contre le Covid-19 qui a pourtant fait beaucoup de victimes dans ce pays selon l’OMS.

Même aujourd’hui, il y a encore un climat de scepticisme face aux vaccins contre le Covid-19.

La région de Kigoma (nord-ouest) où sont installés les deux camps abritant plus de 127 mille réfugiés burundais est parmi les régions qui ne répondent pas au vaccin anti Covid-19.
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Photo d´archives : des réfugiés burundais sur une place publique dans le camp de Nduta

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