Photo de la semaine : les autorités burundaises ont arrêté un cinquième activiste et envoyé en prison l’équipe soupçonnée de financer le terrorisme
Le ministre en charge des affaires intérieures et de la sécurité a annoncé jeudi dernier l’arrestation d’un autre membre d’associations. Il s’agit de Prosper Runyange, en charge du programme foncier au sein de l’APDH (Association pour la Paix et la Promotion des Droits de l’Homme). Il s’est ajouté à quatre autres activistes interpellés à l’aéroport de Bujumbura le 14 février. Ils ont été transférés à la prison centrale de Bujumbura dite Mpimba jeudi soir dernier, selon des sources policière et pénitentiaire. (SOS Médias Burundi)
Les cinq activistes sont détenus à la prison centrale de Bujumbura dite Mpimba depuis jeudi soir dernier, ont confié à SOS Médias Burundi plusieurs sources dans la ville commerciale.
Révélations des autorités burundaises
Le 16 février, le ministre burundais en charge des affaires intérieures et de la sécurité a révélé les raisons derrière l’arrestation de ces défenseurs des droits humains.
« […], ces personnages travaillent avec une ONG qui s’est retirée du Burundi pendant la législature 2015-2020, et malheureusement cette ONG a continué à travailler avec les organisations de la société civile agréés et non agréés au Burundi », a informé le ministre Niteretse.
Provenance douteuse des fonds
Selon Martin Niteretse, cette ONG octroie des fonds à des associations burundaises de façon officieuse.
« Les rapports que ces ASBL produisent et transmettent au ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique ne font aucune trace de ces financements là. Alors on a fait des investigations progressivement il y a de là trois mois et curieusement on a conclu que ces ASBL agréés et non travaillent évidemment avec cette ONG étrangère », ajoute l’officiel burundais qui dit que les quatre personnes appréhendées à l’aéroport de Bujumbura se rendaient à Kampala dans une réunion « prévue par la même ONG dans le cadre d’une mise en place d’un comité de pilotage ».
Terrorisme
« Les résultats dont nous disposons pour le moment nous montrent qu’il y a une grande probabilité de risque de financement du terrorisme à travers ces fonds là. On doit être vigilant sur tous les points pour que rien ne vient perturber la paix, l’ordre public », a-t-il conclu.
L’acte de terrorisme est puni d’une peine de servitude pénale de dix à vingt ans et d’une amende de deux cents mille à un million de francs burundais, selon le code pénal en vigueur au Burundi. Lorsque cet acte a entraîné la mort d’une ou de plusieurs personnes, il est puni d’une peine de servitude pénale à perpétuité.
Depuis l’accession du président Ndayishimiye au pouvoir en juin 2020, trois activistes dont un qui a été arrêté après son investiture, ont été libérés. Avant l’interpellation des cinq défenseurs des droits humains, aucun activiste n’était en prison dans la petite nation de l’Afrique de l’est.
Le procureur général de la République n’a pas voulu répondre à nos questions après les avoir lues.
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Photocollage : les cinq défenseurs des droits humains interpellés par les services secrets burundais qui les soupçonnent de financer le terrorisme
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