Kirundo : la pénurie de sucre inquiète la population
Cela fait quatre semaines que les habitants du chef-lieu de la province de Kirundo (nord du Burundi) se plaignent du manque du sucre dans les boutiques et magasins. Et quand ils en trouvent, c’est à un prix de loin supérieur à celui qui a été fixé à 2500 le kilogramme par l’Etat. Même le gouverneur est impliqué dans cette spéculation, selon une autorité administrative. (SOS Médias Burundi)
En province de Kirundo le sucre devient de plus en plus rare. Aucune boutique ou alimentation n’expose plus ce produit.
« Pour avoir un seul kg de sucre, on doit avoir des connaissances chez certains commerçants. Là aussi nous achetons le kg à 3500 francs burundais au lieu de 2500 francs, le prix fixé par l’Etat. Mais avant de te donner le produit, le commerçant doit prendre ses précautions. Il se renseigne si tu n’es pas un collaborateur de l’administration ou du service des renseignements pour ne pas se faire prendre « , se lamente une femme fonctionnaire de l’Etat du chef-lieu de la province de Kirundo.
Les commerçants disent ne pas être responsables de cette situation.
Certaines autorités administratives accusent le gouverneur de province d’être responsable de la spéculation.
« Albert Hatungimana, notre gouverneur, doit être le principal responsable de cette pénurie car il collabore beaucoup avec les grossistes qui amènent le sucre de la SOSUMO (Société Sucrière du Moso) », a indiqué un administratif qui s’est confié à SOS Médias Burundi sous couvert d’anonymat.
Et de préciser : « Les producteurs des jus et de boissons de farine de maïs s’accaparent du gros du sucre destiné à la population en complicité avec le gouverneur et d’autres administratifs ».
En l’absence de sucre, certains parents donnent aux enfants des jus avec du pain comme déjeuner pour aller à l’école.
« Nous avons peur que nos enfants attrapent des maladies suite à ces jus sucrés qu’ils prennent et dont nous ne savons pas les composantes », nous a dit la maman d’une petite écolière.
Elle demande aux autorités compétentes de débloquer la situation.
« Le manque de sucre qui s’ajoute à la pénurie de carburant et la montée des prix sur le marché, c’est terrible », termine cette maman d’une quarantaine d’années.
Le gouverneur de province explique que le problème se trouve au niveau du point d’approvisionnement. Albert Hatungimana promet de s’investir lui-même pour que cette situation soit débloquée.
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Photo d’illustration : une boutique qui vend du sucre, crédit Photo Jean Pierre Aimé Harerimana
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