Gitega : construction d’une forteresse à la prison centrale pour héberger des prisonniers jugés dangereux

Gitega : construction d’une forteresse à la prison centrale pour héberger des prisonniers jugés dangereux

Les travaux de construction de deux cellules d’environ 4×4 m chacune, des murs d’épaisseur de 50 cm, avec des sanitaires internes (douche et toilette) ont débuté le lundi 8 mai dernier à l’intérieur de la prison centrale de Gitega (capitale politique) par les agents de l’Office burundais de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction (OBUHA). Devant les deux cellules se trouvent un terrain de jeux et de divertissement de 8×6m. Les deux cellules ainsi que le terrain sont érigés en moellons avec des colonnes de grand calibre. (SOS Médias Burundi)

Cette information est confirmée par une source à la prison centrale de Gitega qui a requis l’anonymat. Notre source précise que les travaux sont sous la supervision d’agents du Service national des renseigenements ( SNR) venus du siège à Bujumbura (capitale économique) , déguisés en ingénieurs en portant des gilets de l’OBUHA.

« Au moins une seule fois, le Général de brigade de police Emmanuel Ndayiziga, chef de cabinet au SNR a été vu sur le chantier », disent des témoins.

Un compartiment dénommé « Ikibiri » qui héberge les représentants des détenus et les deux bâtiments où sont logés les putschistes (contre le président Nkurunziza et Ndayishimiye) seront séparés par le centre de santé.

« Le choix de la prison centrale de Gitega n’a pas été un hasard, selon une source sur place. Elle remplit toutes les normes pour éviter d’éventuelles évasions. Elle est ceinturée de trois murs successifs dont le dernier a une hauteur de sept mètres avec des fils barbelés au-dessus ».

Certains habitants de la ville de Gitega l’appellent Guantanamo.

Selon nos sources, les deux cellules hébergeront le Général de police Alain Guillaume Bunyoni ainsi que son bras droit, le colonel de police Désiré Uwamahoro, successivement ancien premier ministre et commandant de la Brigade anti émeute (BAE). L’OBUHA a un délai de trente jours pour achever le chantier.

Les deux hommes sont entre autres poursuivis pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et outrage envers le chef de l’État ». Le premier est détenu à la prison centrale de Ngozi (nord) tandis que le second est locataire de la prison de Gitega.

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Photo d’illustration : la prison centrale de Gitega

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