Uvira : le Dr Sebitereko arrêté à nouveau et transféré à Kinshasa

Uvira : le Dr Sebitereko arrêté à nouveau et transféré à Kinshasa

Dr Lazare Sebitereko a été interpellé à nouveau jeudi 29 juin 2023 sur la ville d’Uvira. Ce sont les renseignements militaires congolais qui ont procédé à son arrestation. Ce samedi, le recteur de l’Université Eben Ezer de Minembwe (Sud-Kivu à l’est de la RDC), a été transféré dans un cachot des renseignements militaires dans la ville de Kinshasa, la capitale congolaise. (SOS Médias Burundi)

Au moment de son arrestation, le Dr Sebitereko se trouvait en ville d’Uvira dans la province du Sud-Kivu, selon des témoins.
Il a été transféré dans un cachot des renseignements militaires dans la capitale Kinshasa en transitant par Goma (chef-lieu du Nord-Kivu), ont annoncé les renseignements militaires congolais samedi en fin d’après-midi.

L’intellectuel a été appréhendé à nouveau peu de temps après que son nom ait été cité dans un rapport d’experts des Nations Unies sur le Congo l’accusant de soutenir le M23. Le rapport montre qu’il a encouragé la communauté Banyamulenge de Nairobi (capitale du Kenya) à soutenir financièrement le M23 et à mobiliser les jeunes Banyamulenge pour rejoindre un groupe armé appelé « Twirwaneho » qui est principalement composé de membres de cette communauté. Il est basé dans le Sud-Kivu.

Selon Muhamiriza Jean Schohier, président de la communauté Banyamulenge à Bukavu (chef-lieu du Sud-Kivu), il s’agit d’un complot contre les Banyamulenge au Congo.

« Depuis 2017, la communauté Banyamulenge au Sud-Kivu est victime de tueries, pourquoi le gouvernement congolais n’emprisonne-t-il pas des généraux, des députés et d’autres personnes accusées d’avoir tué les Banyamulenge », questionne-t-il tout en chargeant les rapporteurs d’être des ennemis de la communauté Banyamulenge.

Le 22 juin dernier, M.Sebitereko a nié les allégations contenues dans le rapport.

« J’ai participé au processus de paix de Nairobi sur I’Est de la RDC en novembre 2022 parmi des centaines de Congolais afin de retrouver la paix. Nous avons été hébergés par la facilitation pendant une semaine et sommes rentrés chez nous après la consultation. Je n’ai pas rencontré des jeunes Banyamulenge à Nairobi pour les sensibiliser à rejoindre Twirwaneho, le groupe d’autodéfense, que j’ai encouragé à signer la déclaration finale de la consultation de Nairobi. Je n’ai jamais rencontré la communauté Banyamulenge de Nairobi dont la majorité sont des réfugiés, pour faire campagne de financer le M23, un mouvement dont je ne fais pas partie et avec lequel je n’ai aucun contact », a-t-il poursuivi.

Et de renchérir : « Il est évident que le groupe d’experts de l’ONU a été induit en erreur par des informateurs aux intentions malveillantes visant à ternir mon nom et à mettre ma vie en danger. En même temps, il est aberrant qu’aucun membre du groupe d’experts n’ait osé vérifier ces allégations sans aucune preuve matérielle contre ma personne avant de les publier. Au contraire, ce groupe d’experts de I’ONU a délibérément exploité ses fausses allégations avec des fins de nuire. Le partage des fausses informations est une arme qui tue ».

Le Dr Sebitereko est connu à Minembwe pour ses projets de développement non seulement pour sa communauté mais également pour les autres tribus dont les Banyindu, Bafulero et Babembe. Il s’agit de la construction des universités, des hôpitaux sans oublier des projets de développement de l’agriculture et de l’élevage. Il est aussi souvent sollicité dans des séances de réconciliation entre communautés.

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Selon des représentants de la communauté Banyamulenge, plus de 200 membres de cette communauté sont en détention dans les provinces du Sud-Kivu et Nord-Kivu ainsi que dans la capitale Kinshasa depuis la résurgence du M23. Ils sont soupçonnés de soutenir les rebelles.

Le M23 est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 reprochant au gouvernement congolais de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants.

Le 27 juin dernier, M.Sebitereko avait été brièvement interpellé par des agents de l’Agence nationale des renseignements (ANR) alors qu’il s’apprêtait à traverser la frontière avec le Burundi.

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Photo : Dr Lazare Sebitereko, recteur de l’Université Eben Ezer de Minembwe détenu par les renseignements militaires congolais à Kinshasa

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