Burundi : les autorités doivent prendre conscience que le pays est dans une crise économique sans précédent (Faustin Ndikumana)

Burundi : les autorités doivent prendre conscience que le pays est dans une crise économique sans précédent (Faustin Ndikumana)

La petite nation de l’Afrique de l’est est plongée dans une crise économique sans précédent, selon l’économiste Faustin Ndikumana. D’après ce président de l’ONG locale PARCEM (Parole et actions pour le réveil des consciences et le changement des mentalités), cette crise résulte d’une grande période de mauvaise gouvernance, de corruption qui a eu pignon sur rue au Burundi dans l’impunité totale. (SOS Médias Burundi)

Dans une analyse qu’il a faite mercredi 2 août 2023, Faustin Ndikumana parle de situation qui dépasse l’entendement. Pour lui, le Burundi est dans une crise économique sans précédent. Il appelle les autorités burundaises à en être conscientes.

« Cette crise économique est le fruit d’une grande période de mauvaise gouvernance et de corruption qui a eu pignon sur rue dans ce pays dans l’impunité totale », estime-t-il.

Résultat

Le Burundi est un pays qui n’exporte presque rien, qui ne reçoit pas d’aide publique au développement, sans investissements directs étrangers, où la diaspora n’investit pas assez, un pays à faible capacité d’emprunt même à l’extérieur, et la production a chuté dans plusieurs secteurs y compris la production agricole, continue d’analyser M.Ndikumana.

Mensonge et spéculation

Le président de l’ONG locale PARCEM regrette qu’il y a un mensonge qui s’est installé, une tromperie entretenue par les autorités burundaises.

« Par contre il y a un mensonge qui s’est entretenu disant qu’il y a une autosuffisance alimentaire, une autosuffisance au niveau même du financement. Et il y a eu une spéculation sur les devises avec une mauvaise gestion de peu de devises qu’on avait, et il y a eu tendance à la manipulation du franc burundais en augmentant l’endettement intérieur à partir des avances de la banque centrale, à partir de l’endettement auprès des secteurs bancaire et financier qui a provoqué ce que l’on appelle effet d’éviction, le gel des annales, accompagnés par une mauvaise gouvernance budgétaire dans l’opacité sans contrôle », poursuit Faustin Ndikumana.

Causes de l’inflation

Selon l’économiste, l’inflation actuelle a été provoquée par la faiblesse de la production, l’inflation par les coûts suite à l’augmentation des taxes, l’inflation monétaire suite à ces avances de la banque centrale qui augmentent d’années en années sans remboursement, l’inflation liée aux devises, la perte de la valeur du franc burundais par rapport aux devises suite à leur rareté, la spéculation, la faible capacité institutionnelle de prendre des mesures correctes et adéquates, tout cela provoque l’inflation, trouve-t-il.

Solution

Pour l’activiste, des mesures drastiques s’imposent.

« Pour inverser la tendance, il faut des mesures énergiques parce que même actuellement la structure du budget 2023-2024 n’augure rien de bon car nous avons un déficit de plus de 700 milliards alors que c’est un déficit y compris dons c’est-à-dire que même si on mobilisait les taxes et les aides publiques au développement, on garde un déficit de plus de 700 milliards […]. On a 2.000 milliards de dépenses liées au fonctionnement et remboursement de la dette. C’est plus que les recettes fiscales même. C’est une crise économique vraiment sans précédent », ajoute le président de PARCEM.

Pour lui, il faut un nouvel ordre de gouvernance avec des hommes capables de le mettre en application.

Piliers

Il dit que les grands piliers ce sont la capacité de faire une planification, suivi et évaluation et une production des statistiques fiables…il y a le climat des affaires pour booster le secteur privé, la gouvernance budgétaire à renforcer, la politique monétaire de change qu’il faut bien assainir, le secteur financier à booster pour financer l’économie, l’augmentation de la capacité de mobilisation des financements extérieurs, il faut une stratégie nationale de lutte contre la corruption, énumère l’activiste.

« En dehors de ça, vraiment la situation au Burundi, il sera difficile d’inverser la tendance si des mesures énergiques ne sont pas prises car cette inflation est le couronnement d’une mauvaise politique qui a touché tous les secteurs », conclut Faustin Ndikumana.

Depuis juillet dernier, la petite nation de l’Afrique de l’est connaît une hausse généralisée des prix des produits de première nécessité laissant les habitants dans le désespoir.

_______________________

Photo : Faustin Ndikumana, président de l’ONG locale PARCEM

Previous RDC (Misisi) : au moins trois miliciens Maï Maï arrêtés par l'armée
Next Bubanza : record de prix des matériaux de construction

You might also like

Économie

Burundi : le prix du carburant revu à nouveau à la baisse

Le prix de l’essence baisse de 350 francs burundais le litre à partir de ce lundi. Annonce faite ce dimanche par le ministre de l’Energie.Ibrahim Uwizeye a expliqué que cela

Économie

Bujumbura : la pénurie du carburant affecte la vie économique de la mairie

Ils sont nombreux à se lamenter suite au problème de manque de carburant. D’abord la population qui doit se déplacer pour diverses occupations mais aussi les services qui se trouvent

Économie

Burundi : pénurie de carburant et amendes record paralysent tout le réseau de transport

SOS Médias Burundi Bujumbura, 29 juillet 2025 – Une paralysie totale du transport en commun s’abat sur la petite nation de l’Afrique de l’Est. Depuis dimanche, puis tout au long