Goma : plusieurs morts et blessés dans des manifestations anti-Monusco et contre la force régionale de l’EAC

Goma : plusieurs morts et blessés dans des manifestations anti-Monusco et contre la force régionale de l’EAC

Plusieurs personnes ont été tuées ce mercredi dans la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu à l’est de la RDC dans des manifestations organisées par une secte mystico-religieuse. Selon notre comptage, au moins 28 personnes sont mortes et près de 50 autres blessées. Les autorités militaires parlent de six morts côté manifestants et d’un mort côté forces de l’ordre. (SOS Médias Burundi)

La matinée de ce mercredi 30 août 2023 a été mouvementée par des mouvement de grèves et manifestations de toutes formes en ville de Goma. Des adeptes de l’église « Uwezo wa neno  » dits Wazalendu ont tenté de protester contre la présence de la MONUSCO (Mission de l’organisation des Nations-Unies en RDC) et de la force régionale de l’EAC en province du Nord-Kivu. La manifestation a été dispersée par les forces de l’ordre et réprimée dans le sang.

Ces Congolais disent être fatigués par la présence des militaires étrangers qui , selon eux, sont des « vauriens ».

« Nous ne voulons plus la présence de la MONUSCO ici chez nous car ils ne nous aident en rien », scandaient des manifestants dans les rues de Goma.

« Cela fait 22 ans que les Nations-Unies ont déployé leurs troupes ici mais les massacres des civils sont toujours notre pain quotidien et les violations de droits humains sous toutes leurs formes. On en peut plus vraiment, nous exigeons le départ de tous les militaires étrangers » , s’est insurgé Paluku Kavungera, un manifestant.

Au moins 28 morts

Selon notre comptage, au moins 28 civils ont été tués dans des échauffourées avec les forces de l’ordre.

« Dans le quartier Ndosho on a signalé 7 morts, au quartier Majengo 5 morts, dans le centre- ville, plus de 13 morts dont figure une femme enceinte, à Mutinga dans le quartier Katoyi , 3 personnes ont été tuées », s’est rendu compte un reporter de SOS Médias Burundi. Il y aurait eu d’autres morts à Mugunga mais nous n’avons pas été en mesure de les dénombrer.

Des dizaines de blessés

Selon notre constat sur le terrain, plusieurs structures sanitaires de la ville de Goma étaient débordées par le nombre de blessés.

Des manifestants anti-Monusco et contre la force régionale de l’EAC à Goma, le 30 août 2023

C’est le cas par exemple du centre hospitalier BETSAIDA CEBCA NDOSHO dans la commune de Goma. Il a reçu 21 personnes grièvement blessées. Elles y sont alitées.
Parmi elles, 18 hommes, le reste étant constitué de femmes et des filles mineures.

« Elles ont été toutes blessées par balles ».

A l’hôpital Docs Kyeshero situé dans la commune de Karisimbi , nous avons constaté 13 blessés dont 8 jeunes garçons . Le reste est composé de femmes et des enfants.

D’autres blessés rencontrés sont internés au centre de santé de Turunga dans le groupement Munigi en territoire de Nyiragongo. Ici, on peut compter 14 blessés don un bon nombre sont des hommes de plus de 30 ans et des jeunes dont l’âge varie entre 17 et 25 ans.

Plusieurs d’entre eux ont reçu une balle dans les jambes, dans la poitrine ou aux bras.

Le communiqué officiel des FARDC trace le bilan de 7 morts et quelques blessés. Le colonel Guillaume Ndjike Kaiko, porte-parole de l’armée congolaise dans le Nord-Kivu parle d’un “policier lapidé à mort et de plusieurs militaires blessés”. Il confirme la mort de six manifestants et d’au moins “158 arrestations”.

Des chiffres rejetés par plusieurs couches sociales ayant suivi de près la manifestation.

Un journaliste brièvement arrêté

Au cours de ces manifestations , des journalistes ont été brutalisés lorsqu’ils exerçaient leur métier.
Parmi eux nous pouvons citer Austère Malivika correspondant de la Voix de l’Amérique dans le service Kiswahili. Il a été appréhendé par les services de sécurité tôt le matin lorsqu’il essayait de prendre les images à l’endroit communément appelé Terminus Katindo.
Celui-ci a été libéré après deux heures de détention dans un des cachots de la police nationale congolaise à Goma , après avoir été obligé d’effacer toutes les images qu’il avait prises.

Église incendiée par les agents de sécurité

Signalons que lors de cette manifestation, l’église « Uwezo Wa neno Wazalendu », a été incendiée par les agents de sécurité.
Le numéro un de cette église, Bertin Bisimwa qui est d’ailleurs l’initiateur de cette marche à été interpellé par la police et acheminé vite à la prison de garnison de Goma.

Le maire de la ville avait depuis mardi soir interdit toute forme de manifestations dans sa circonscription.

L’année dernière, au moins 36 civils ont été assassinés dans des manifestations anti-Monusco dans plusieurs villes de l’est du Congo et plus de 170 autres blessés, selon un rapport du gouvernement congolais.

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Photo : une fumée s’échappe d’une rue dans la ville de Goma en pleines manifestations après que des manifestants aient brulé des pneus

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