Rumonge : le gouvernement regrette les dépenses énormes engagées dans les prisons

Rumonge : le gouvernement regrette les dépenses énormes engagées dans les prisons

Le Vice-président de la République du Burundi, Prosper Bazombanza a exprimé les regrets du gouvernement qui prévoit de dépenser cette année environ 15 milliards de francs burundais sur son budget général de 2023-2024. Selon Prosper Bazombanza, cet argent sera destiné à nourrir, loger, soigner et habiller douze mille détenus incarcérés dans 11 prisons et trois centres de rééducation des mineurs en conflit avec la loi. Selon lui, il s’agit de l’argent gaspillé qui devrait servir dans des travaux de développement mais qui doit être orienté pour le traitement d’un pourcent de la population vivant sous les verrous. Il l’a déclaré ce mardi 29 août à l’occasion de la célébration de la journée internationale Nelson Mandela à la prison centrale de Rumonge (sud-ouest du Burundi). Une Journée normalement célébrée le 18 juillet dans le monde. (SOS Médias Burundi)

Prosper Bazombanza a signalé que parmi les personnes incarcérées, 53,89% sont des jeunes, soit 6.539 détenus dont l’âge est compris entre 16 et 36 ans.

Bazombanza affirme qu’il s’agit d’une catégorie de la population qui devrait participer dans le développement de leurs familles alors qu’elle passe des années derrière les barreaux et attendent tout du gouvernement.

Le Vice-président appelle les procureurs et les juges des cours et tribunaux à recourir aux travaux d’intérêt général en lieu et place de la détention pour les infractions mineures, afin de désengorger les prisons.

Il a indiqué que la capacité d’accueil de toutes les maisons pénitentiaires est de loin inférieure à la population carcérale actuelle de ces prisons.

Selon Prosper Bazombanza, les juges devraient se souvenir de la règle sacro-sainte en matière de détention qui dit que « la liberté est la règle, la détention une exception ».

Selon le vice-président de la République, la célébration de la journée internationale Nelson Mandela par le Burundi est une preuve pour lui que son gouvernement est en train de mettre en œuvre les règles minima des Nations-Unies pour le traitement des détenus.

Des règles dont la dernière version révisée a été adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies en 2015 à travers la résolution A/Res/70/175.

Bazombanza a précisé que le gouvernement du Burundi ne ménage aucun effort pour que ces règles soient appliquées. Il évoque « les locaux des différentes prisons qui sont régulièrement entretenus pour que les détenus soient incarcéré dans de bonnes conditions d’hygiène, en témoigne la prison centrale de Murembwe à Rumonge qui a été entièrement repeinte à l’occasion de cette journée internationale des détenus dédiée à Nelson Mandela ».

Dans cette prison, le représentant des prisonniers a reconnu que les détenus de la prison centrale de Murembwe bénéficie d’un encadrement. Ainsi, ils apprennent de nouveaux métiers qui leur permettent d’être réinsérés dans leur communauté d’origine une fois qu’ils sont libérés.

Toutefois, ce détenu a déploré la lenteur exagérée dans le traitement des dossiers, le manque de véhicules pour évacuer les détenus malades vers l’hôpital de Rumonge et vers les autres juridictions pour les prisonniers dont les dossiers sont du ressort d’autres parquets.

Selon lui, ce manque de moyens de déplacement affecte le droit des détenus d’avoir accès à la justice en temps réel et aux soins de santé.

M. Bazombanza a annoncé que pour résoudre la question sur le retard des jugements, le gouvernement avec ses principaux partenaires dans le domaine pénitentiaire sont en train d’analyser comment mettre en place un système de juridiction à distance. Les prisons seront équipées de matériels de communication et des infrastructures adéquates pour faciliter l’analyse rapide des dossiers.

La prison centrale de Murembwe qui a abrité les cérémonies de cette journée internationale Nelson Mandela héberge pour le moment 1023 détenus, soit 127,875 % de sa capacité d’accueil qui est de 800 places.

Cette journée est célébrée pour la 3ème fois au Burundi depuis sa proclamation par l’Assemblée générale des Nations-Unies en 2015.

En marge des cérémonies, 31 détenus de la prison centrale de Murembwe ont bénéficié d’une mise en liberté provisoire par le parquet. 10 ont immédiatement reçu des billets d’élargissement.

Ces derniers sont sortis de cette maison de détention le même jour.

Les autres devraient attendre l’identification de leurs dossiers judiciaire, selon le parquet, pour sortir de la prison.

Le parquet a justifié cela par le souci de vérification pour ne pas se tromper sur leurs cas.

_________________________

Photo d’illustration : le vice-président de la République Prosper Bazombanza à gauche, en compagnie du Premier ministre Gervais Ndirakobuca en marge de la célébration de la journée dédiée aux Imbonerakure, les membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le 26 août 2023 à Makamba

Previous Burundi : le discours du président Neva va renforcer les actes de violence des Imbonerakure, selon Carina Tertsakian
Next Burundi : quatre organisations dont CPJ et HRW exigent l’annulationn des charges contre la Journaliste Floriane Irangabiye

You might also like

Gouvernance

Burundi : des militaires accusés de sécuriser des exploitations minières illégales sur des terres expropriées

SOS Médias Burundi Bujumbura/ Burunga, 9 juin 2026 – Des habitants de plusieurs localités des provinces de Burunga, dans le sud du Burundi, et de Bujumbura, dans l’ouest du pays,

Gouvernance

Goma (campagne électorale) : Moïse Katumbi promet un fonds spécial de cinq milliards de dollars pour pacifier le Nord-Kivu et l’Ituri

Moïse Katumbi poursuit sa campagne électorale. Après la province de l’Ituri, Moïse Katumbi et ses alliés Matata Ponyo et Seth Kikuni sont arrivés ce jeudi dans la ville de Goma,

Gouvernance

Gitega : si vous voulez disperser les Burundais, frappez le berger (le président Neva)

Le Burundi a célébré lundi le 33ème anniversaire de la Charte de l’unité nationale. La cérémonie principale s’est déroulée dans la capitale politique Gitega même si le monument de l’unité