Rutshuru (Nord-Kivu) : sept notables et élus locaux tués, Kinshasa accuse le M23 et l’armée rwandaise d’en être les auteurs

Rutshuru (Nord-Kivu) : sept notables et élus locaux tués, Kinshasa accuse le M23 et l’armée rwandaise d’en être les auteurs

Au moins sept personnes, des notables et élus locaux (selon l’armée congolaise), ont été tuées ce lundi dans la nuit. L’incident s’est déroulé dans le groupement Kisigari en territoire de Rutshuru au Nord-Kivu (est de la RDC). Dans un communiqué, l’armée congolaise accuse le M23 et l’armée rwandaise d’en être les auteurs. Le Rwanda n’a pas encore réagi à ces allégations. Quant au M23, il parle d’un déploiement massif des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) au côté de militaires burundais à Kitshanga. Le groupe rebelle jure qu’il combattra toujours pour se défendre. Le facilitateur dans le conflit, l’ancien président kényan demande à toutes les parties de tout faire pour éviter l’escalade. (SOS Médias Burundi)

D’après l’armée congolaise, les victimes ont été exécutées sous prétexte de collaborer avec les groupes armés locaux.

« Parmi les victimes figurent des notables et des chefs de villages. Ce sont les M23/RDF (Rwanda Defense Forces) qui viennent de commettre un massacre sur la population congolaise. Les victimes sont accusées de collaborer avec les miliciens locaux dits patriotes », peut-on lire dans le communiqué sorti ce mardi.

L’armée congolaise en appelle à l’implication de la Communauté d’Afrique de l’est pour trouver une solution.

Dans sa réaction, Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya et actuel facilitateur mandaté par la Communauté de l’Afrique de l’est, condamne le niveau de l’escalade et des assassinats. Il en appel à toutes les parties concernées de cesser les offensives et les hostilités afin de permettre une poursuite d’un accès humanitaire durable et sans entrave pour un retour à la paix.

Le M23, lui, accuse l’armée congolaise d’avoir déployé ses hommes aux côtés de militaires burundais à Kitshanga en violation des décisions des chefs d’État de l’EAC.

« Le M23 prend à témoin la région et la communauté nationale et internationale du choix délibéré du gouvernement de Kinshasa de bafouer le processus de paix en violant les initiatives régionales », a écrit le mouvement rebelle dans un communiqué de ce mardi tout jetant la responsabilité à Kinshasa et ses alliés de crimes contre l’humanité.

Le groupe armé avoue qu’il a le droit de se défendre et dit être préoccupé à protéger la population civile et ses biens.

Même si l’armée rwandaise est pour la énième fois accusée de soutenir le M23, Kigali n’a pas encore réagi. Pour de similaires allégations, le voisin de la RDC a toujours nié être un soutien de la rébellion.

Depuis quelques jours, la rébellion et l’armée congolaise s’accusent mutuellement de « violation de l’accord de cessez-le-feu ».

Le M23 est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 reprochant au gouvernement congolais de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants. Les autorités congolaises restent persuadées qu’elle bénéficie du soutien du Rwanda, ce que le gouvernement rwandais ne cesse de nier , chargeant de son côté les dirigeants congolais de collaborer avec les génocidaires rwandais FDLR en leur fournissant des uniformes, armes et munitions dans le but de « déstabiliser le territoire rwandais ».

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Photo d’illustration : des miliciens locaux attaquent le M23 à Bashali

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