Kakuma (Kenya) : forts soupçons de détournement de l’assistance réservée aux réfugiés
Depuis octobre dernier, la distribution de l’assistance aux réfugiés du camp de Kakuma est faite par l’ONG « Caritas » qui a remplacé « World Vision ». Mais la nouvelle organisation est accusée de plusieurs manquements : irrégularités sur des listes, retard de la distribution et réduction de la quantité. Les réfugiés soupçonnent un détournement. Les responsables de Caritas n’ont pas encore réagi. (SOS Médias Burundi)
Des réfugiés disent ne pas comprendre ce qui se passe avec la distribution de l’assistance depuis octobre cette année.
« Avec Caritas, on enregistre un très grand retard dans la distribution de l’assistance. La quantité a été réduite sans explication, et plusieurs réfugiés ne se retrouvent pas sur les listes des bénéficiaires », déplorent des réfugiés.
Selon nos sources, la distribution de la ration du mois de décembre a commencé le 29 novembre dernier et ne s’est pas encore clôturée, alors que l’opération ne devrait durer que trois jours, tout au plus.
«Cela est dû au fait qu’au moins trois fois la semaine, seulement moins de cinquante ménages reçoivent l’assistance. L’opération ne dure que deux heures par jour car le stock est momentanément épuisé, ce qui ne s’explique pas normalement », s’indigne un chef de ménage.
La situation s’empire au niveau du centre de distribution de Kakuma IV qui rassemble des réfugiés en provenance du Burundi, de la RDC et du Soudan du Sud.

Des réfugiés vont jusqu’à penser que l’aide serait détournée, même s’ils n’ont pas de preuves.
Pour le moment, des leaders communautaires indiquent qu’il reste plusieurs ménages qui n’ont pas été servis alors que Caritas informe que le stock est vide.
Des humanitaires tranquillisent, assurant que les irrégularités seront corrigées « petit à petit ».
Les réfugiés, loin d’être convaincus, regrettent qu’ils ne pourront même pas célébrer les fêtes de fin d’année et le Nouvel An, évoquant au contraire « une famine qui nous tue à petit feu».
Des incidents sont signalés à chaque fois, les réfugiés étant nerveux et furieux pour avoir attendu des journées sans être servis.
Kakuma et son agrandissement de Kalobeyei comptent plus de 200 000 réfugiés dont plus de 25 000 Burundais.
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Photo : des réfugiés non servis dans une salle de distribution de l’aide au camp de Kakuma au Kenya, décembre 2023
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