Makamba – Rutana : des responsables du parti CNDD-FDD s’ingèrent dans la commercialisation du maïs
Des agriculteurs tout comme des commerçants de Giharo et Kayogoro des provinces Rutana et Makamba (Sud et Sud-Est du Burundi) se plaignent des irrégularités observées dans la commercialisation du maïs pour cette année en cours. Ils pointent du doigt des responsables du CNDD-FDD d’acheter la production sans respecter les prix fixés par le gouvernement au détriment des autres commerçants . INFO SOS Médias Burundi
Dans la commune de Giharo, les commerçants se plaignent et disent qu’ils sont exclus dans l’achat du maïs aux agriculteurs.
« La production de maïs est achetée par des militants du CNDD-FDD. C’est comme si c’est un mot d’ordre qui a été donné. Les agriculteurs n’ont pas le choix, ils doivent vendre la production aux militants du parti présidentiel. Certains paient des pots-de-vin aux responsables du parti pour avoir la permission de vendre la production « , raconte un commerçant de la commune Giharo à Rutana.
Selon d’autres sources, le responsable du CNDD-FDD en zone Giharo, Alexis Baraguma, est derrière ces irrégularités que dénoncent les agriculteurs et les commerçants.
» Les agriculteurs devraient vendre leurs productions à l’ANAGESSA*, mais elle achète le kilogramme à 1000 francs burundais, alors que le gouvernement a fixé le prix à au moins 1700 francs », a déploré un agriculteur qui précise que 4 tonnes ont été découvertes par les services des renseignements au domicile d’Alexis Baraguma.
Dans la province Makamba en commune de Kayogoro, les agriculteurs pointent du doigt un Imbonerakure ( membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) du nom de Ciza Bernard qui exige des pots-de-vin pour être autorisés à vendre leurs productions aux agents de l’ANAGESSA.
Bernard Ciza, qui fut représentant des Imbonerakure en commune Kayogoro, accompagné d’un certain Rubin, refuse de recueillir leur maïs, prétendant que son degré d’humidité est élevé.
Ainsi, seuls les paysans qui donnent des commissions sont reçus, alors les autres peuvent passer une semaine, voire deux, en faisant des va-et-vient, surtout qu’ils ne sont pas autorisés à vendre leurs productions aux commerçants ordinaires, selon des agriculteurs contactés par SOS Médias Burundi.
Ils demandent aux autorités hiérarchiques de laisser les agriculteurs vendre leurs productions aux commerçants ordinaires pour qu’ils puissent subvenir aux besoins de leurs familles.
https://www.sosmediasburundi.org/2024/03/01/cibitoke-grogne-des-producteurs-de-mais/
*ANAGESSA : Agence Nationale de Gestion du Stock Stratégique Alimentaire
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