Burundi : 100 millions de caution pour les candidats à la présidentielle, une innovation qui divise
Adoption mardi à l’Assemblée nationale du projet de loi portant modification du code électoral de 2019. Le projet de loi adopté contient des innovations, entre autres la revue à la hausse jusqu’à cent millions de francs burundais de caution pour les candidatures à la présidentielle.La raison avancée par le ministre de l’Intérieur est la limitation de candidatures fantaisistes. (SOS Médias Burundi)
Devant les députés ce mardi, le ministre de l’Intérieur était appelé à présenter les principales modifications qui figurent dans le projet de la loi organique portant modification de la loi de 2019 du code électoral.
Le ministre Martin Niteretse a cité notamment les cautions exigées pour certaines candidatures.
Pour les présidentielles, la caution de 30 millions passe à 100 millions de francs.
Martin Niteretse explique que ‘’par le passé, le constat a été que certaines personnes se sont faites inscrire juste pour se faire de la publicité, d’où il fallait mettre des balises ».
Au moment où certains députés jugent qu’il s’agit « d’une caution trop lourde », d’autres estiment que « cette somme est insignifiante car les candidats présidents ne sont pas n’importe qui et ont des soutiens ».
Au cours de cette analyse du projet, des députés ont voulu savoir si la nouvelle carte d’identité biométrique pourra servir lors des prochaines échéances électorales. Le ministre de l’Intérieur a répondu par l’affirmatif, ‘’à condition que les moyens le permettent’’.
La durée de la campagne électorale a été maintenue à trois semaines malgré certains avis qui estimaient que c’est une longue période qui exige beaucoup de moyens.
Le Sénat sera désormais composé par 13 sénateurs conformément à la loi organique portant détermination et délimitation des entités administratives.
Mais des députés ont émis des inquiétudes quant à l’efficacité du travail par rapport à sa mission.
Le ministre a rassuré qu’il n’y aura aucun souci, et si besoin, les sénateurs feront recours au personnel technique.
L’autre innovation signalée est l’heure de la clôture du scrutin. Il commence à 6h du matin pour prendre fin à 15h au lieu de 16h.
Le ministre Martin Niteretse a indiqué que c’est pour que le dépouillement se fasse avant la tombée de la nuit. Il a également précisé que les fautes électorales seront plus sanctionnées par le paiement d’amendes plutôt que des détentions pour réduire les cas d’emprisonnement qui risquent de saturer les prisons en période électorale.
Après plusieurs amendements de fond et de forme, le projet de loi a été adopté avec deux abstentions.
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Photo d’archives : des agents de la CENI sur un bureau de vote au Burundi, mai 2020
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