Bujumbura : les inondations séparent des familles

Bujumbura : les inondations séparent des familles

Depuis que les inondations qui ont envahie les localités de Kajaga et les habitations du littoral du lac Tanganyika dans la ville commerciale Bujumbura, d’énormes conséquences sont rapportées. Des membres de familles vivent séparément, ce qui leur coûte très cher. (SOS Médias Burundi)

Ce sont notamment des habitants des quartiers Kibenga (sud de Bujumbura) et Kajaga sur la chaussée d’Uvira connue communément comme route Gatumba. Ils ont dû demander de l’aide auprès d’autres familles dans d’autres quartiers non atteints par les inondations.

« Ma femme et mes enfants sont partis vivre ailleurs. Je reste seul, histoire de garder la maison. La vie est difficile ici. On vit la peur au ventre, on craint ce qui peut arriver le lendemain », témoigne un père de famille qui a une maison à Kajaga.

Il indique que chaque jour , pour se rendre au travail, il doit patauger dans l’eau, quand il ne trouve pas un petit passage pour atteindre la grande route macadamisée.

Et le soir, « je me précipite à rentrer avant la nuit parce qu’on n’a pas la certitude de la situation qui change tout le temps. On mange en ville et on rentre pour veiller », raconte-t-il.

Un homme et une femme transportent quelques effets ménagers qu’ils ont pu sauver, avant d’être délocalisés vers le centre de Mubimbi (ouest ) réservé aux victimes des inondations, le 10 mai 2024

Pour voir ses enfants, il doit fixer un rendez-vous après les cours à l’école au cours de la semaine ou alors le week-end.

Impact financier

La plupart des habitants dont les propriétés ont été inondées sont contraints de louer des maisons dans d’autres quartiers, ce qui impacte négativement sur leurs finances.

« Ce n’est pas facile de trouver une maison à louer à un prix raisonnable. Tous les propriétaires des maisons profitent de la situation du moment, c’est à prendre ou à laisser. Le malheur des uns fait le bonheur des autres », se désole un responsable de famille qui cherche une maison à louer, en vain.

Son épouse travaille à l’intérieur du pays, leurs trois enfants sont logés chez une tante.

« Nous avions contracté un crédit dans une banque. Chaque mois, nous devons verser une certaine somme d’argent pour le remboursement. Nous devons demander de l’aide pour faire vivre notre famille, c’est trop dur pour nous », explique-t-il avec détresse, regrettant ce qui est arrivé dans leur localité et avouant que « personne ne pouvait croire qu’un tel malheur pouvait nous arriver un jour. On a tellement investi pour avoir une maison, mais voilà le triste résultat. Nous craignons aussi pour ceux qui continuent de vivre là-bas ».

A Kajaga comme à Kibenga, des habitants font recours à de petits bateaux pour accéder à certains quartiers. Ils doivent notamment payer de l’argent.

Ils redoutent aussi des courts-circuits électriques du fait que des installations électriques sont atteintes par les inondations.

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Photo : un homme en attente d’être délocalisé dans un nouveau centre à Mubimbi (ouest) après que sa maison ait été détruite par les inondations à Gatumba, le 10 mai 2024

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