Gitega : le Burundi n’a jamais été aussi bienheureux (président Ndayishimiye)
Le président burundais Évariste Ndayishimiye a déclaré samedi que son pays connaît la surproduction dans tous les domaines. Selon lui, la petite nation de l’Afrique de l’est n’a jamais été aussi bénie comme elle l’est aujourd’hui. Évariste Ndayishimiye estime que les Burundais peuvent atteindre l’indépendance financière. Ce samedi, le chef de l’État participait dans une cérémonie de la 4ème commémoration de la mort de son prédécesseur, Pierre Nkurunziza. (SOS Médias Burundi)
Le président burundais est convaincu : le Burundi n’a jamais été aussi bienheureux qu’il l’est sous son pouvoir. Il a remercié « Dieu », pour avoir exaucé ses prières. Il témoigne avoir parcouru son pays ces derniers jours pour se rendre compte que toutes les provinces connaissent une surproduction agricole dans tous les domaines.
« C’est la toute première fois dans ma vie que je vois une telle production dans le pays. […] Il y a une surproduction du maïs au point de s’imaginer si seuls les Burundais arriveront à consommer cette production. À côté de ça, il y a une très grande production des haricots. Les cultivateurs n’arrivent même plus à tout récolter, la récolte est tellement grande qu’on ne peut plus les arracher tous . Les champs sont pleins de haricots. Et ces haricots s’ajoutent aux rendements en maïs. Dans tous les marais, la production de riz est plus qu’abondante.
À Kirundo , Ngozi, Karusi, Cankuzo, Ruyigi, …La seule question que j’ai posée aux gens est la suivante : les habitants vont-ils manger toute cette production ? Partout, j’ai remarqué que nous avons une surabondance en production. À cela s’ajoutent les rendements en café et dans les jours à venir, la production de blé sera plus que satisfaisante à Mugamba sans parler des pommes de terre », a-t-il déclaré devant un parterre d’officiels burundais leur demamdant d’acclamer « Dieu », pour « cette bénédiction qu’Il nous a donnée ».
Élevage de lapins
Celui qui dirige le pays le plus pauvre au monde estime que l’élevage des lapins peut développer son pays. Pour la cérémonie baptisée « journée du patriotisme », il a fait appel à un expert étranger en cuniculture.
« Il (l’expert en cuniculture) a visité quatre places seulement et selon ses prévisions, en 42 jours seulement, nous pourrions avoir un bénéfice de plus de deux cents millions deux cents vingt et un mille francs burundais . Imaginez à quoi va ressembler le Burundi quand on commencera à encaisser tout cet argent ? C’est juste un petit exemple parmi tant d’autres », a-t-il essayé de convaincre son public.
Pays pauvre d’esprit
Évariste Ndayishimiye qui dirige le pays où il est presque impossible aujourd’hui de se déplacer même dans la ville commerciale Bujumbura où est concentrée l’administration centrale, est très écœuré d’entendre que le Burundi est le pays le plus pauvre au monde.

« Ça ne me plaît pas du tout quand on dit que le Burundi est le pays le plus pauvre au monde. Même si on venait à m’injecter ça dans les veines, je ne parviendrais jamais à être convaincu que le Burundi est le pays le plus pauvre au monde. Mais nous sommes pauvres d’esprit », a-t-il déploré.
Diaspora
Pour le président Neva , « les Burundais de la diaspora se moquent de nous en disant que nous sommes pauvres comme s’ils n’étaient pas de ressortissants burundais ».
Des autorités intéressées par les élections seulement
Le président burundais reconnaît que la plupart des officiels et autorités burundais sont maintenant intéressés par les élections seulement au lieu de penser à travailler dans le but de développer le pays.
« Quand nous approchons les élections, c’est comme si Satan s’empare de nous. Certains disent : mon mandat se termine, d’autres se demandent : serai-je sur la liste des élus ? Tout le monde ne pense qu’aux élections seulement », a reconnu M.Ndayishimiye qui estime que « le bilan d’un dirigeant reste son seul héritage ».
Selon le président burundais, les Burundais peuvent atteindre l’indépendance financière comme les citoyens des pays développés si les fonctionnaires rivalisent notamment à pratiquer l’agriculture et l’élevage, une façon, d’après lui, de ne pas être dépendant en cas de perte d’emploi ou de départ à la retraite.
Dans son discours où il a moins mentionné le nom de son prédécesseur Pierre Nkurunziza qu’il qualifie pourtant comme « Sogo ou grand-père », quand il sollicite la clémence des militants du CNDD-FDD, Évariste Ndayishimiye a reconnu une fois de plus que ses codirigeants s’adonnent à la corruption et n’ont aucune planification pour l’avenir, deux grands défis à relever « pour faire du Burundi un pays émergent en 2040 et développé en 2060 ».
« C’est possible d’y arriver si nous nous comportons en vrais serviteurs du peuple et non comme des mercenaires », a exprimé sa déception le chef de l’État burundais.
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Photo : le président Évariste Ndayishimiye et la première dame Angeline Ndayishimiye après avoir déposé une gerbe de fleurs sur la tombe de l’ancien président Pierre Nkurunziza
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