Burundi : la toxicomanie n’épargne pas les femmes
Les toxicomanes du Burundi se sont joints au reste du monde pour célébrer la journée dédiée à la lutte contre l’abus et le trafic de drogues. Au Burundi, les femmes ne sont pas épargnées. Les Nations-Unies ont instauré la journée il y a 37 ans. (SOS Médias Burundi)
L’événement a été célébré sous le thème: « non à la stigmatisation et à la discrimination » avec comme slogan retenu pour 2024 « soutenez, ne punissez pas! »
Instituée en décembre 1987 par l’ONU, cette journée vise essentiellement à sensibiliser chaque année toutes les communautés sur les risques liés à la consommation des drogues ainsi que ses conséquences néfastes sur la santé. Pour fêter cette journée à Bujumbura dans la ville commerciale du Burundi, des toxicomanes ont fait une marche , partant du rond point menant à l’aéroport vers le centre de réinsertion sociale des usagers de drogues se trouvant à Maramvya en commune Mutimbuzi, Bujumbura province.
Parmi ces usagers figurent des femmes et des filles.
Mariane (nom d’emprunt), 28 ans, dit avoir commencé à se droguer à 12 ans.
Elle explique que les usagers de drogues sont rejetés par la société, y compris leurs proches.
« Abandonné à lui-même et sans soutien social évident, l’usager ne se sentira pas incité à résister contre les stupéfiants », confie-t-elle.
Elle ajoute que le manque de sa quantité quotidienne peut la pousser à « voler tout objet susceptible d’être revendu, sans penser aux conséquences comme la prison, une fois attrapée! »
Or, dit-elle, le produit auquel elle est dépendante est le « boost », un mélange d’héroïne et d’autres substances dont la « boulette » s’achète à 25000 francs burundais.
Comme elle doit en prendre 4 chaque jour, elle dit être obligée de trouver 100.000 francs tous les jours.
« Ce qui m’a amenée à sombrer dans la prostitution », affirme la jeune femme, porteuse du VIH aujourd’hui.
Son amie d’infortune Bwitizo qui n’a pas non plus voulu donner son nom soutient que quand elle n’arrive pas à trouver son « boost » à un moment précis de la journée, elle ressent des douleurs insupportables, telles les contractions à l’accouchement.
Certains toxicomanes qui se sont confiés à SOS Médias Burundi jugent le « boost » très coûteux.
« Nous préférons nous injecter du sapor ou un mélange de ce produit avec de la morphine et d’une autre substance », révèlent-ils.
Patrice Niyonzima, directeur du centre de Maramvya demande aux familles des usagers des substances toxiques de « les soutenir en les considérant comme des personnes malades plutôt que de les punir ou les rejeter. »
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Photo : un homme tient entre ses doigts deux pièces de Boost © SOS Médias Burundi
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