Nord-Kivu : le désarroi des Burundais réfugiés à Goma depuis plus de 30 ans
La ville de Goma en province du Nord-Kivu (est de la RDC) abrite plusieurs Burundais. Certains s’y sont réfugiés depuis les années 90.Ceux-ci indiquent faire face à de sérieux problèmes, en l’occurrence l’exclusion sociale suite à la guerre entre la RDC et le M23. (SOS Médias Burundi)
Ces Burundais ont fui des crises répétitives survenues dans la petite nation de l’Afrique de l’est. Installés dans la ville de Goma (chef-lieu du Nord-Kivu), ils indiquent éprouver beaucoup de difficultés suite à la situation sécuritaire qui prévaut à l’est de la RDC.
« Je suis arrivée ici avec ma famille en 1992 après deux ans au Sud-Kivu. Pendant toutes ces années, on vivait en bonne cohabitation avec les Congolais », raconte Aline Nahimana.
Elle indique toutefois que la situation s’est compliquée avec l’insécurité grandissante à l’est de la RDC.
« D’abord parce que nous parlons Kirundi et que notre langue ressemble beaucoup au Kinyarwanda, on nous confond souvent aux Rwandais », précise-t-elle.
Exclusion sociale…
Alors que l’est de la RDC est en insécurité suite à la guerre entre l’armée congolaise et ses alliés d’un côté et le M23 et ses soutiens de l’autre, les Burundais habitant dans la région disent vivre une situation difficile.
« Comme le Rwanda est accusé de soutenir le M23, on nous confond aux Rwandais. Et nous sommes vraiment en insécurité. La situation se complique quand on nous demande nos pièces d’identité. Elles ont expiré depuis plusieurs années. Imaginez un peu, il y a des gens qui sont nés ici. Ils atteignent la trentaine. Nous demandons aux autorités congolaises de collaborer avec le HCR pour nous assurer une sécurité en nous octroyant des papiers actualisés », disent d’autres Burundais, joints par SOS Médias Burundi.
Ils évoquent la discrimination dont ils font l’objet au quotidien.
« Alors que j’allais commencer un autre travail à Mugunga, le nouvel employeur m’a entendu parler le Kirundi. Il m’a immédiatement refoulé du travail indiquant qu’il ne peut plus engager un espion du Rwanda. Heureusement, parce que ça aurait pu être pire. Je ne serais plus vivant », témoigne un autre Burundais.
Pour ceux qui n’ont pas de pièces d’identité actualisées, il leur est difficile de circuler dans certaines localités de la ville de Goma. Ils disent que « nous risquons d’être pris pour des Rwandais et notre sort serait incertain. Les Rwandais ne sont pas les bienvenus ici ».
Ils regrettent cette situation confuse alors que « quand nous sommes arrivés ici dans les années 90, on a été bien accueilli par les Congolais. On se sentait comme chez nous, ils nous ont beaucoup aidés et la cohabitation était bonne ».
Selon les statistiques du HCR, la RDC abrite plus de 300 000 réfugiés venus des pays de la sous-région comme l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi.
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Photo : un réfugié burundais installé à Goma depuis plus de 30 ans © SOS Médias Burundi
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