Guerre dans l’Est du Congo : le président Tshisekedi appelle à de nouvelles sanctions contre le Rwanda que son pays traîne devant la cour de l’EAC
Le président congolais Félix Tshisekedi a appelé mercredi à de nouvelles sanctions contre Kigali « en raison de son rôle déstabilisateur ». Entre temps, il s’est ouvert ce jeudi à Arusha en Tanzanie, le procès intenté par la RDC contre le Rwanda devant la Cour de justice de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC). Le Rwanda estime que le Congo devrait d’abord rendre justice aux victimes des FARDC et à celles des FDLR. (SOS Médias Burundi)
Le président Félix Tshisekedi a profité de la tribune de l’ONU en marge de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations-Unies pour accuser le Rwanda, une fois de plus.
Il a déclaré : »la résurgence du groupe terroriste M23, soutenu par le Rwanda a provoqué une crise humanitaire sans précédent avec près de 7 millions de déplacés internes ». M. Tshisekedi a appelé la communauté internationale à « imposer des sanctions ciblées contre le Rwanda en raison de son rôle déstabilisateur ».
Le président congolais reproche au Rwanda d’avoir envahi l’Est de son pays et exige » le retrait immédiat et inconditionnel des troupes rwandaises de notre territoire ».
Ce discours sur le Rwanda qui n’est pas nouveau précède un événement important pour le vaste pays de l’Afrique centrale: le procès intenté contre le pays des mille collines devant la Cour de justice de l’EAC, le bloc économique de l’Afrique de l’Est que le Congo a rejoint le 29 mars 2022.
L’affaire RDC- Rwanda commence ce jeudi à Arusha en Tanzanie. La Cour de justice de l’EAC qui a été saisie par les autorités congolaises, devra se prononcer sur cette plainte congolaise. Le Rwanda y est accusé de « violation de la souveraineté de la RDC et de son intégrité nationale dans l’Est du pays ».
Que compte obtenir la RDC?
Récemment le vice-ministre congolais de la Justice et du Contentieux , Samuel Mbemba a déclaré que Kinshasa espère obtenir dans ce procès « une condamnation du Rwanda pour son agression dans l’Est de la RDC, ainsi que les pillages, viols et massacres perpétrés dans cette région ». À terme, les autorités congolaises comptent également bénéficier des indemnisations.
Kigali ne veut pas de leçons de la RDC
Le Rwanda et le Congo ont entamé de nouveau, dans la plus grande discrétion, des négociations, début septembre dernier sous l’égide de l’Angola.
« Bien que les récentes initiatives diplomatiques, telles que les pourparlers de Luanda, soient encourageantes, elles ne doivent aucunement occulter l’urgence de cette action essentielle », a annoncé mercredi Félix Tshisekedi.

Mais pour le porte-parole adjoint du gouvernement rwandais, Alain Mukularinda, c’est plutôt le Congo qui devrait être blâmé.
« Avec la reprise des négociations, la partie qui n’a pas de volonté se manifeste…. », a-t-il dit à la presse récemment, accusant le gouvernement congolais de vouloir « mettre fin à un plan clair » qui a été proposé par les services de renseignements et des armées du Rwanda, du Congo et de l’Angola au plus haut niveau.
Quant à Olivier Nduhungirehe, chef de la diplomatie rwandaise, la RDC devrait commencer par « rendre justice aux victimes des FARDC (Forces Armées de la République démocratique du Congo) , et à celles des génocidaires Hutus FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) » avant de « donner des leçons de justice ». Il dénonce également « les gesticulations médiatiques et judiciaires sur fond d’insultes permanentes du ministre congolais de la Justice (Constant Mutamba ) » contre le président rwandais Paul Kagame.
Le M23 -que le Rwanda est accusé de soutenir en permanence- est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021, reprochant aux autorités congolaises de n’avoir pas respecté leurs engagements sur la réinsertion de ses combattants. Depuis, ses combattants contrôlent une majeure partie de la province du Nord-Kivu à l’est du Congo et avaient commencé à avancer vers celle de l’Ituri avant d’observer un cessez-le-feu que les deux parties s’accusent mutuellement de violer.
Le chef de l’État congolais a annoncé à l’ONU que son gouvernement s’engage encore une fois à « poursuivre la mise en œuvre du programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation pour désarmer, démobiliser et réintégrer les combattants en leur offrant des perspectives économiques viables et durables ».
Fin janvier 2023 lors de sa toute première tournée en Afrique, le Pape François a déploré que « la communauté internationale s’est résignée à la violence qui dévore le peuple congolais ». Il l’a annoncé depuis Kinshasa, la capitale de la RDC.
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Photo : les présidents Tshisekedi et Kagame à Luanda, le 6 juillet 2022, DR
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