Rumonge : les autorités sanctionnent les commerçants et transporteurs qui spéculent sur les prix
La police à Rumonge (sud-ouest du Burundi) a infligé des amendes à des agences de transport ce mardi 17 décembre 2024. Les transporteurs concernés sont accusés d’avoir augmenté le prix du ticket de transport en violation des tarifs fixés par le gouvernement. Les transporteurs en colère expliquent que la hausse du ticket de transport est liée au manque de carburant qu’ils ne peuvent trouver que sur le marché noir. (SOS Médias Burundi)
C’est, selon une source administrative, deux agences de transport qui ont été frappées par des amendes allant jusqu’à 500 mille francs burundais par véhicule. La police explique qu’elle est décidée à « être rigoureuse » pour faire respecter la loi.
Actuellement le prix du ticket de transport entre le chef-lieu de Rumonge et la ville commerciale Bujumbura est de 10.000 . Son prix officiel est de 6500.
Les autorités administrative et policière haussent le ton, elles mettent en garde les commerçants et les transporteurs qui spéculent sur les prix.
« Les commerçants et transporteurs doivent respecter les prix officiels. Cela concerne et le transport et les produits sensibles. Les récalcitrants s’exposent à la fermeture de leur commerce… », a dit un conseiller du gouverneur de Rumonge.
Les transporteurs disent qu’ils s’approvisionnent en carburant sur le marché noir à un prix très exorbitant, ce qui les pousse à majorer les prix du ticket pour « ne pas travailler à perte ».
Spéculation sur des produits Brarudi
La spéculation sur les produits Brarudi (Brasserie et limonaderies du Burundi) bat son plein dans la ville de Rumonge.
Le prix d’une Amstel 65 cl varie entre 5000 et 8000 francs, son prix officiel étant fixé à 3500 . La grande Primus-72 cl coûte entre 3500 et 4500 francs burundais alors qu’elle doit se vendre à 2500 francs officiellement.
Autres spéculations
La spéculation sur le prix du ciment-BUCECO (Burundi Cement Compagny) est aussi une réalité. Un sac de 50 kg coûte actuellement entre 70 et 75 mille francs. Il est introuvable sur le marché local. Il est vendu en cachette comme la drogue, selon des habitants du chef-lieu de la province de Rumonge. Cette quantité s’achète à 45000 francs officiellement.
Le sucre-SOSUMO (Société sucrière du Moso) est aussi sujet de spéculation, selon toujours des sources administrative et policière. Son prix officiel par kilogramme
est de 6000 francs mais c’est à 8000 francs, voire même à 10 000 qu’il est normalement écoulé. L’autorité provinciale reproche aux responsables administratifs à la base d’être complaisants. Le ciment et le sucre qui sont pourtant produits localement restent introuvables sur le marché local. Des analystes locaux disent que ces deux produits sensibles sont acheminés au Congo voisin, à une offre très élevée en devises.
Des sources à Rumonge parlent de mesures prises pour « conquérir le cœur des électeurs écœurés par la vie chère », à la veille des législatives et communales de l’an prochain.
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Ces derniers jours, le ministre burundais en charge des affaires intérieures Martin Niteretse a sorti plusieurs notes, invitant ses lieutenants à « sanctionner sévèrement les commeçants qui spéculent sur les prix ».
Pour le cas des deux agences de transport, SOS Médias Burundi n’a pas eu le nombre de véhicules dont elles disposent.
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Photo : une rue dans la ville de Rumonge dans le sud-ouest du Burundi © SOS Médias Burundi
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