Nakivale (Ouganda) : suspension de l’aide humanitaire destinée aux mal nourris
Le HCR a momentanément suspendu son assistance aux enfants mal nourris et aux femmes enceintes. La mesure fait suite au décret du président américain qui a ordonné la suspension des programmes d’aide étrangère. (SOS Médias Burundi)
Il s’agit de la conséquence directe d’une série de premières mesures prises par l’administration Trump. En effet, le président américain Donald Trump a suspendu temporairement l’aide américaine qui passe par le fond USAID. L’OMS et plusieurs agences humanitaires en souffrent énormément.
Au camp de Nakivale en Ouganda qui abrite plus de 140.000 réfugiés de plus de dix nationalités, l’assistance humanitaire réservée aux enfants mal nourris et aux femmes enceintes et allaitantes a été momentanément suspendue.
« Normalement, les enfants de moins de deux ans et les femmes enceintes recevaient de la bouillie qui concentre plusieurs éléments nutritifs dont des vitamines. Depuis la semaine dernière l’activité a été suspendue », déplore un volontaire médical qui rapporte que « les bénéficiaires ne se lassent pas de venir chaque matin au point de distribution pour voir si la mesure est levée ».
Parallèlement, des enfants qui souffrent des maladies liées à la malnutrition chronique et des enfants prématurés bénéficiaient en principe un lot de lait, supplémentaire à l’aide que reçoivent leurs parents. « Cette catégorie est aussi concernée par ces suspensions d’aide humanitaire », apprend-on.
Medical Team International (MTI), partenaire du HCR dans ce volet a expliqué que l’aide qu’elle recevait de l’OMS a été coupée suite à la mesure de l’administration américaine.
Autres conséquences, le personnel de cette ONG a été sensiblement réduit car « pas de salaire ». Une source interne confirme que sur plus de 60 employés et volontaires, il n’en reste que « moins de cinq ».
Dans ce camp où l’insécurité alimentaire bat son plein, les risques d’augmentation des cas de maladies liées à la malnutrition sont élevés d’après une source médicale.
Autre risque qui se pointe à l’horizon, l’impact sur la lutte contre les maladies infectieuses, notamment le Sida. Cela d’autant plus que dans les camps de réfugiés comme à Nakivale, les services de traitement, de dépistage et de prévention sont assurés par le financement de l’OMS.
Et d’ailleurs, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé les États-Unis à maintenir leur financement de l’aide étrangère, affirmant que cette suspension a de graves répercussions sur les efforts mondiaux de lutte contre les maladies infectieuses.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé cet appel lors d’une conférence de presse en Suisse mercredi.
Les réfugiés demandent au HCR de chercher d’autres sources de financement. C’est au moment où cette Agence Onusienne souffrait déjà des coupures du budget.
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Photo : des réfugiés qui attendent de l’eau sur un robinet au camp de Nakivale en Ouganda © SOS Médias Burundi
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