Burundi : plusieurs activistes engagés exigent la libération de la Journaliste Sandra Muhoza

Burundi : plusieurs activistes engagés exigent la libération de la Journaliste Sandra Muhoza

Une vingtaine d’organisations à majorité burundaise ont sorti une déclaration le vendredi 28 février 2025, pour exiger la libération inconditionnelle de la Journaliste Sandra Muhoza. Détenue depuis près d’une année, elle est accusée entre autres d’aversion ethnique et d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, des crimes toujours reprochés aux voix critiques selon ces organisations de défense des droits humains.

INFO SOS Médias Burundi

Les signataires de la déclaration conjointe déplorent les conditions dans lesquelles Sandra Muhoza a été arrêtée et gardée en détention.

 » Ces conditions démontrent clairement à quel degré la magistrature est devenue l’outil de persécution de toutes les voix discordantes avec le régime en place », soulignent-ils avant de renchérir : « il s’agit d’une réelle menace contre la liberté de la presse et celle d’expression au Burundi”.

Arrêtée le 13 avril 2024, notre collègue Muhoza est détenue à la prison centrale de Bujumbura dans la ville commerciale, dite Mpimba. Ces organisations parlent de kidnapping.

« Elle a été kidnappée par un homme d’affaires qui l’a appelée lui disant qu’il souhaitait lui donner un scoop et qu’il voulait que ce soit elle-même qui couvre la nouvelle. Arrivée à l’endroit convenu avec son bourreau, Sandra Muhoza a été livrée aux agents du Service national des renseignements (SNR) de Ngozi ( nord) et a été immédiatement conduite à un endroit inconnu. Le lendemain, elle a été transportée au siège du SNR à Bujumbura », rappellent ces activistes.

Ces défenseur des droits humains critiquent « les crimes reprochés à la journaliste ».

« Le SNR a inventé une accusation grotesque contre Sandra Muhoza à savoir : l’atteinte à l’intégrité du territoire national » et « l’aversion raciale pour avoir fait un commentaire dans un groupe WhatsApp des journalistes de divers médias locaux … », analysent-ils.

L’initiateur de ladite déclaration a lui aussi bu sur cette coupe. Il s’agit de Germain Rukuki, ancien de l’Association des Juristes Catholiques du Burundi, aujourd’hui fondateur de l’organisation, « Ensemble pour le Soutien des Défenseurs des Droits Humains en Danger (ESDDH) ».

Il a fondé cette organisation à la sortie de la prison de Ngozi au nord du Burundi où il purgeait une peine de 32 ans de prison, plus tard réduite à une année » pour atteinte à la sûreté de l’État et association aux putschistes du coup d’Etat manqué du printemps 2015″.

Il se souvient que « l’infraction d’atteinte à l’intégrité du territoire national est un prétexte couramment utilisé pour réprimer les opposants, les journalistes et les défenseurs des droits humains puisqu’il est impensable qu’un simple citoyen qui ne fait que s’exprimer dans des échanges avec les collègues puisse commettre une telle lourde infraction ».

Lui et ses collègues activistes engagés, exigent la libération inconditionnelle de la seule femme journaliste emprisonnée au niveau de l’Afrique.

« L’arrestation et la détention de la Journaliste Sandra Muhoza ont été caractérisées par des traitements inhumains et dégradants ainsi que par de nombreuses irrégularités judiciaires. Elle a été notamment arrêtée sans mandat et détenue arbitrairement en violation des dispositions du code de procédure pénale en vigueur au Burundi. En outre, elle a été privée de l’assistance de son avocat conseil lors de sa garde à vue et détenue loin de son lieu de résidence et poursuivie par une instance territorialement incompétente », font savoir notamment des juristes et avocats leaders de ces organisations.

Et de rappeler que cette « privation abusive de liberté » contre Sandra Muhoza est une violation flagrante des instruments internationaux régulièrement ratifiés par le Burundi dont la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme sont recommandées de poursuivre leur action conjointe de lutte pour les droits de l’homme et de plaider en faveur de de la libération immédiate et sans condition de la Journaliste Muhoza « injustement incarcérée » depuis le 13 avril 2024.

A part Ensemble pour le Soutien des Défenseurs des Droits Humains en Danger (ESDDH), l’initiatrice de ladite déclaration conjointe, les autres signataires sont entre autres :l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture- sections-Burundi, Belgique, Suisse, France, l’Association Burundaise pour la Protection des Droits de l’Homme et des Personnes Détenues (APRODH), la Coalition Burundaise des Défenseurs des Droits de l’homme ( CBDDH).

Il y a aussi la Coalition Burundaise pour la Défense des Droits de l’Homme Vivant dans les Camps de Réfugiés (CDH/VICAR), la Coalition Burundaise pour la Cour Pénale Internationale (CB-CPI), la Coalition de la Société Civile pour le Monitoring Electoral (COSOME), le Collectif des Avocats pour la défense des Victimes de crimes de droit international commis au Burundi (CAVIB), le CNCD 11 11 11, DefendDefenders, Tournons la Page-Burundi, la Ligue Iteka, Light for All et bien d’autres.

Le 16 décembre 2024, le tribunal de grande instance de Mukaza dans la ville commerciale Bujumbura, a condamné Sandra Muhoza à 21 mois de prison ferme, « une décision politique injuste « , selon Reporters Sans Frontières qui a appelé la justice burundaise à revenir sur sa mesure.

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