Nyanza-Lac: arrestations massives, panique et indignation au sein de la population
Plus de 300 individus, pour la plupart des jeunes gens, ont été arrêtés dans la localité de Bukeye, en commune de Nyanza-Lac dans la province de Makamba ( sud du Burundi). Une vaste opération de fouille et de perquisition a été menée conjointement par les forces de police des communes de Makamba, Mabanda et Nyanza-Lac, avec l’appui des militaires du camp Nyanza-Lac. Certains détenus ont été libérés moyennant payement d’une amende. Les interpellations ont eu lieu le mardi 4 mars. (INFO SOS Médias Burundi)
Des résidents parlent d’une opération surprise « qui sème la peur ».
Dès 4 heures du matin, des policiers et des militaires ont encerclé les rues et les habitations, procédant à des contrôles stricts d’identité. Les habitants ont été interpellés à leur sortie de domicile, sans possibilité de retourner chercher leurs pièces d’identité. Cette situation a provoqué une grande inquiétude, notamment parmi les familles des personnes arrêtées.
Au total, environ 315 jeunes hommes, dont des travailleurs journaliers et des conducteurs de taxi-vélo, ont été arrêtés au cours de cette opération. Rassemblés en groupe, certains ont été transportés dans des camions de police tandis que d’autres ont été forcés de suivre les policiers à vélo.
Une libération conditionnée au paiement d’une amende
Les proches des détenus se sont rendus au commissariat pour s’enquérir de leur sort, mais ils se sont heurtés à un refus des autorités locales de leur permettre d’apporter les cartes d’identité des interpellés. Finalement, certaines personnes détenues n’ont été libérées qu’en échange du paiement d’une amende de 10.000 francs burundais chacun, et ce, sans reçu officiel. Ceux qui n’ont pas pu réunir cette somme ont été placés en détention dans les cellules exiguës du commissariat communal, où ils passent la nuit debout, faute d’espace suffisant.
Une mesure administrative controversée
Cette vague d’arrestations intervient quelques jours après l’instauration d’une nouvelle mesure administrative imposant aux ménages de tenir un cahier répertoriant toutes les personnes vivant sous leur toit, y compris les locataires. Ces cahiers, vendus aux bureaux des chefs de colline au prix unitaire de 5.000 francs burundais, suscitent des interrogations au sein de la population, qui estime que leur coût est excessif. Certains résidents suggèrent plutôt l’utilisation de cahiers moins chers afin d’économiser une partie des fonds pour d’autres besoins familiaux, surtout dans un contexte économique très difficile.
Une opération perçue comme une manœuvre politique
Des observateurs locaux estiment que cette vaste rafle pourrait être une stratégie de l’administratrice de Nyanza-Lac pour collecter des fonds, alors que son mandat touche à sa fin. Cependant, aucune confirmation officielle n’a été donnée sur les réelles motivations de cette opération.
Face à ces événements, de nombreuses questions demeurent : s’agit-il réellement d’une opération de sécurisation ou d’un prétexte pour prélever de l’argent auprès de la population ? La situation continue de susciter des tensions et une profonde inquiétude parmi les habitants de Nyanza-Lac, qui demandent plus de transparence et de justice dans les actions des autorités locales.
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Photo : un parking de taxi-vélos à Nyanza-Lac, ces derniers ont été visés par des arrestations massives le 4 mars 2025 © SOS Médias Burundi
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