Bujumbura : les mères allaitantes face aux obstacles du transport

Bujumbura : les mères allaitantes face aux obstacles du transport

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 10 septembre 2025- Alors que la Semaine mondiale de l’allaitement maternel rappelle l’importance de nourrir exclusivement son enfant pendant six mois, de nombreuses mères à Bujumbura peinent à appliquer cette recommandation. Les difficultés de transport rallongent les trajets et compliquent le quotidien des femmes qui souhaitent allaiter.

La Semaine mondiale de l’allaitement maternel a été lancée ce lundi 8 septembre à l’hôpital Prince Régent Charles, à Bujumbura, la capitale économique de la petite nation de l’Afrique de l’Est. Si les autorités et partenaires de santé insistent sur les bienfaits de l’allaitement exclusif, certaines mères dénoncent les obstacles pratiques.

Pour Micheline Manirampa, de Mirango, au nord de Bujumbura, allaiter exclusivement son fils a été impossible : « Mon garçon de 7 mois a commencé à boire du lait de vache dès l’âge de trois mois. Mes déplacements m’empêchaient de rentrer allaiter à temps et le lait artificiel est trop coûteux », explique-t-elle.

Même constat pour Yvette Kaneza, de Kamenge, également au nord de la ville. « Dire qu’on est pressée pour nourrir son bébé alors que d’autres attendent le bus depuis deux heures, c’est très difficile », confie-t-elle. Certaines femmes abandonnent des activités ou rentrent à pied pour allaiter.

Le ministère de la Santé rappelle que la loi burundaise accorde 49 jours de congé de maternité et des facilités horaires pour les mères travaillant : deux heures par jour durant six mois, puis une heure. Mais beaucoup jugent ces mesures insuffisantes face aux retards liés au transport.

L’UNICEF rappelle que l’allaitement exclusif est « la première nourriture, le premier vaccin et la meilleure garantie de sécurité alimentaire pour le nouveau-né », et qu’il réduit aussi les risques de cancer chez la mère tout en diminuant les dépenses familiales.

À Bujumbura, les mères réclament un soutien plus adapté, notamment en matière de transport et de temps de congé, pour que l’allaitement exclusif de six mois ne reste pas un idéal inaccessible.

La petite nation de l’Afrique de l’Est traverse une crise carburant persistante depuis bientôt cinq ans, affectant tous les secteurs de la vie du pays.

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Photo : Bujumbura, septembre 2025 – une longue file de bus desservant le nord de la ville. Les mères allaitantes éprouvent des difficultés à rentrer chez elles pour nourrir leurs bébés © SOS Médias Burundi

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