Sud-Kivu : la cité stratégique de Nzibira tombe aux mains du M23, Kindu et Kisangani dans la ligne de mire
SOS Médias Burundi
Bukavu, 23 septembre 2025 – La cité minière de Nzibira, dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, est tombée dimanche 21 septembre sous le contrôle des rebelles du M23, après de violents affrontements contre les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) et leurs alliés, les milices Wazalendo, rapportent plusieurs sources locales.
Selon des témoins, les combats ont éclaté tôt le matin et se sont intensifiés dans les villages environnants, dont Cisaza, Cibanda, Muyange, Karhuliza et Kalongo. Des bombardements soutenus, impliquant blindés et artillerie lourde, ont précédé la prise de la cité, provoquant des déplacements massifs de civils.
Les Wazalendo évoquent un « retrait stratégique » destiné à protéger les populations. Pour les FARDC, la perte de Nzibira, riche en cassitérite et en or, constitue un revers opérationnel majeur, cette cité étant un verrou essentiel dans la lutte contre les groupes armés dans la région.
Escalade régionale
Dans le Nord-Kivu voisin, l’armée congolaise a intensifié ses offensives dimanche contre des positions du M23 à Masisi et Walikale. La veille, la 3e zone de défense des FARDC avait dénoncé une série d’attaques coordonnées menées entre le 17 et le 19 septembre par les rebelles du M23 et leurs alliés, notamment à Chanzikiro, Nkambi (Walikale), Sisa (Kalehe), Ndete, Kazinga (Masisi) ainsi qu’à Chambombo et Katale (Sud-Kivu).
« Toute nouvelle attaque ne sera plus tolérée et déclenchera une réaction vigoureuse », a averti le porte-parole de cette zone, le major Nestor Mavudisa Kamba Mayoyo, en accusant les rebelles de violer les accords de Washington et la déclaration de Doha.
La riposte du M23
De son côté, l’Alliance Fleuve Congo (AFC), mouvement politico-militaire auquel le M23 est affilié, rejette ces accusations, les qualifiant de « manœuvres » de Kinshasa. Dans un communiqué, son porte-parole Lawrence Kanyuka a accusé les FARDC d’avoir bombardé des zones densément peuplées, Bibwe, Nyange, Chytso, Hembe, à l’aide d’un avion Sukhoi-25 et de drones CH-4, provoquant selon lui de nombreuses victimes civiles.
Un conflit aux dimensions sous-régionales
Depuis le début de l’année, le M23 et ses alliés de l’AFC contrôlent plusieurs localités stratégiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les autorités congolaises et l’ONU les accusent d’être soutenus par le Rwanda, ce que Kigali dément.
La crise a désormais pris une ampleur sous-régionale : le Burundi a déployé près de 10.000 soldats aux côtés des FARDC et des milices Wazalendo, tandis que l’Ouganda a envoyé des troupes dans le Nord-Kivu et en Ituri, accentuant la dimension internationale du conflit.
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Photo : Un rebelle du M23 lors de la prise de la cité de Bunagana, frontalière avec l’Ouganda et devenue le tout premier quartier général des rebelles, en juin 2022. © SOS Médias Burundi
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