RDC : Joseph Kabila condamné à la peine de mort par la justice militaire
SOS Médias Burundi
Goma, 1er octobre 2025- L’ancien Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a été condamné ce mardi 30 septembre à la peine de mort par la Haute Cour militaire de Kinshasa, en son absence.
L’ancien Chef de l’État est également condamné au paiement de 33 milliards USD de dommages et intérêts :
29 milliards pour la République,
2 milliards pour chacune des parties civiles des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La Haute Cour militaire a ordonné l’arrestation immédiate du sénateur à vie après l’avoir reconnu coupable de toutes les infractions mises à sa charge, notamment trahison, participation à un mouvement insurrectionnel et crimes de guerre.
Motifs de la condamnation
Selon les juges, Joseph Kabila est le chef de la coalition AFC/M23. Bien qu’étant président de la République, il aurait été le chef incontesté de tous les mouvements rebelles du pays, depuis la rébellion de Mutebusi.
La Cour indique qu’il effectuait des inspections dans les centres d’instruction de l’AFC/M23, supervisait des réunions d’état-major de la rébellion et dirigeait les hostilités contre la RDC.
Joseph Kabila, exilé depuis plus de deux ans, avait été aperçu fin mai dernier à Goma, capitale du Nord-Kivu occupée par les rebelles, où il s’est entretenu avec des représentants des églises et des associations de femmes et de jeunes.
Historique et rôle du M23
Le M23 est une ancienne rébellion tutsi ayant repris les armes fin 2021, reprochant aux autorités congolaises de ne pas avoir respecté leurs engagements de réinsertion. Il est soupçonné de bénéficier d’un soutien du Rwanda, ce que Kigali nie fermement.
Depuis le début de l’année, les rebelles du M23 affiliés à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), un mouvement politico-militaire hostile à Kinshasa, contrôlent plusieurs localités stratégiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que les chefs-lieux des deux Kivus très riches en minerais.
Nationalité et autres décisions de la Cour
Concernant sa supposée nationalité rwandaise, la Cour s’est déclarée incompétente, précisant qu’elle juge un Congolais ayant exercé la présidence. L’arrêt n’autorise pas non plus la mise sous séquestre de ses biens.
La Cour établit que Joseph Kabila a participé à l’insurrection en entente avec Corneille Nangaa, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et coordinateur de l’AFC, devenu l’ennemi numéro un de Kinshasa, et le Rwanda, pour renverser les institutions de la République, y compris par l’élimination physique du président en fonction, Félix Tshisekedi.
Gravité des faits
Pour la Cour, ces faits sont d’une extrême gravité et scandalisent des millions de Congolais, Kabila ayant été président pendant 18 ans (2001-2019), violant ainsi son devoir de réserve, de dignité et de loyauté envers l’État.
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Photo : l’ancien président congolais Joseph Kabila, condamné à la peine de mort par la Haute Cour militaire de Kinshasa le 30 septembre 2025, en son absence (DR)
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